Présentation du PAM

Le Programme alimentaire mondial est l’organisme d’aide alimentaire des Nations Unies.

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Statut

Institué en 1961, le Programme alimentaire mondial (PAM) est un programme subsidiaire commun de l’Assemblée générale des Nations unies et de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (OAA / FAO). Ses objectifs sont : « d’utiliser l’aide alimentaire pour appuyer le développement économique et social, de répondre aux besoins alimentaires des réfugiés et des victimes d’autres situations d’urgence et de crise rendant nécessaires des secours prolongés, et de promouvoir la sécurité alimentaire mondiale conformément aux recommandations formulées par l’ONU et par l’OAA. ». Aujourd’hui géré de façon largement autonome, le PAM n’en continue pas moins de rapporter à l’ECOSOC et au Conseil de la FAO.

Programmes et instruments

Le PAM est la plus grande agence humanitaire du monde et distribue environ 58% de l’aide alimentaire mondiale. En 2015, il a secouru 77 millions de personnes dans 81 pays, et a distribué 2,2 millions de tonnes de produits alimentaires et 680 millions de dollars de transferts monétaires.

Le PAM a ces dernières années réorienté ses activités de l’aide alimentaire vers l’assistance alimentaire. Il dispose aujourd’hui d’une gamme d’outils d’intervention qui vont de l’aide alimentaire directe (distribution de nourriture, travail contre nourriture ou formation professionnelle, cantines scolaires - 16 millions d’enfants dans 64 pays -, soutien nutritionnel ciblé) à l’assistance alimentaire (transferts d’espèces, bons alimentaires, programme « achats pour le progrès » qui vise à offrir des revenus stables aux petits agriculteurs en leur achetant leurs excédents).
Il utilise ces outils dans les trois types d’opérations qui sont les siennes :

  • programmes pays : d’une durée de 5 ans pour des activités dites de développement. Ces programmes ne représentent plus aujourd’hui que 8% des activités du PAM ;
  • interventions d’urgence : dans le cadre des appels consolidés du Bureau de Coordination des Affaires humanitaires (pour les grandes opérations) ou lancées par le PAM seul. Généralement, d’une durée d’un an ;
  • interventions prolongées de secours et de redressement (post-crise) : d’une durée maximum de 2 ans, ces interventions sont décidées généralement à la suite d’une intervention d’urgence.

A ces trois types d’opérations, il faut ajouter les opérations spéciales, qui financent la logistique humanitaire. Le PAM assume aujourd’hui, dans le cadre de la réforme humanitaire et l’approche par secteurs (clusters approach) des opérations des Nations unies, une responsabilité de chef de file pour la logistique humanitaire et les télécommunications d’urgence.

En outre, devant cibler de plus en plus finement ses interventions, il dispose d’une expertise reconnue dans le domaine de l’évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle (études de vulnérabilité), qu’il met à la disposition de la communauté internationale (notamment Haut Commissariat aux Réfugiés, FAO, ONG).

Suite à une réforme majeure adoptée en novembre 2016 par le Conseil d’administration (la Feuille de route intégrée), des plans stratégiques pays (PSP) vont progressivement se substituer aux différentes catégories d’opérations du PAM (interventions d’urgence, interventions prolongées pour le secours et le redressement, programmes de développement). D’une durée de cinq ans et établis à partir d’un examen stratégique national, ces PSP vont offrir une vision consolidée des interventions du PAM dans un pays et devraient permettre au PAM de disposer de plus de souplesse dans l’allocation et la gestion de ses ressources. Les PSP et leur budget sont approuvés par le conseil d’administration du PAM, de même que toute modification fondamentale de leur orientation stratégique.

Gouvernance et organisation

Un Conseil d’administration de 36 membres assure le contrôle et l’orientation du PAM depuis la résolution 48/162 de l’Assemblée générale des Nations unies (1993) : 18 membres sont élus par le Conseil économique et social (ECOSOC), et 18 par le Conseil de l’OAA (selon une répartition entre les 5 régions des Nations unies). La France a été élue en avril 2015 comme membre du Conseil d’administration du PAM pour la période 2016-2018.

Le Directeur exécutif, nommé conjointement par le Secrétaire général des Nations Unies et le Directeur général de la FAO pour un mandat de 5 ans renouvelables une fois, dirige le Secrétariat du PAM. M. David Beasley (Etats Unis) a pris ses fonctions le 5 avril 2017.

Le PAM dispose d’une structure très décentralisée : 5 bureaux régionaux, près de 80 bureaux pays. Il compte environ 15 000 agents, à 82% recrutés localement dans les pays où le PAM intervient.

Voir l’organigramme du PAM

Financement

Le PAM n’a pas de budget ordinaire alimenté par des contributions obligatoires des Etats. Il dépend entièrement des contributions volontaires de ses donateurs, principalement des gouvernements, et dans une moindre mesure des fonds communs des Nations Unies et du secteur privé. Le PAM est parvenu à mobiliser en 2016 un montant record de 5,9 milliards de dollars. Les besoins de financement du PAM en 2017 s’élèvent à 9 milliards de dollars, en forte augmentation dans un contexte de multiplication des crises humanitaires majeures (Syrie, Irak, Yémen, Sud Soudan, Nigéria, Somalie).

La France et le PAM

Le Programme alimentaire mondial est le principal canal de l’assistance alimentaire programmée française. Au cours des ans, la France a développé avec le PAM une relation confiante, fondée sur la concertation sur les crises et la défense du droit international humanitaire.

Le PAM dispose d’un bureau de liaison à Paris, au siège de l’UNESCO.

Dernière modification : 19/04/2017

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