Retour sur la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du Programme alimentaire mondial - Rome, 26 au 29 novembre 2018

Crise humanitaire au Yémen, situation en République démocratique du Congo, lutte contre le harcèlement sexuel, réforme du système de développement des Nations unies … Retour sur la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du Programme alimentaire mondial.

Du 26 au 29 novembre 2018 s’est tenue à Rome la 2ème session ordinaire du Conseil d’administration du Programme alimentaire mondial des Nations unies, dans un contexte marqué par une dégradation globale de la sécurité alimentaire dans le monde et par plusieurs crises humanitaires.

David Beasley, directeur exécutif du PAM, a mis en exergue dans son allocution d’ouverture la situation dramatique qui secoue le Yémen : près de 18 millions de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire, et 8 millions sont au bord de la famine. Le PAM entend ainsi accorder son assistance au Yémen à près de 8 à 12 millions de personnes, tout en contribuant à la relance de l’économie locale grâce aux transferts monétaires notamment. David Beasley a incité les Etats membres du Conseil d’administration à user de leur influence afin d’amener la paix au Yémen et d’éviter que l’action humanitaire du PAM ne soit qu’un « bandage ». David Beasley a également mentionné la « crise oubliée » de la République démocratique du Congo, où l’insécurité alimentaire concerne désormais 13,1 millions de personnes, et où le nord du pays fait face à une résurgence de l’épidémie d’Ebola, qui a déjà causé 237 décès.

David Beasley-2ème session ordinaire du CA du PAM -26 au 28 novembre 2018 - JPEG

Lors de cette session d’ouverture, l’Ambassadrice Delphine Borione a rappelé notre préoccupation au regard des chiffres du dernier SOFI faisant état d’une hausse du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire : 821 millions. La France reconnait qu’une attention particulière doit être apportée à la crise au Yémen, et réitère son soutien au PAM dans la mise en œuvre de la réforme du système de développement des Nations unies. En pleine campagne Orange (26 novembre – 10 décembre), l’Ambassadrice a rappelé en outre l’attachement de la France à la tolérance zéro en matière de harcèlement et d’abus sexuels, au PAM ou dans toutes les agences des Nations unies.

Delphine Borione - discours d'ouverture de la France lors de la 2ème session ordinaire du CA du PAM-26-29 nov 18 - JPEG

Les directeurs régionaux ont comme à l’accoutumée fourni des mises à jour relatives à l’insécurité alimentaire et aux actions du PAM. Il est important de noter le maintien des situations d’urgence de niveau L3 : en République démocratique du Congo (13,1 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire et 4,6 millions d’enfants atteints de malnutrition aigüe), en Syrie et dans sa région (6,7 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, 5,6 millions de réfugiés et 6,2 millions de déplacés internes), au Yémen (près de 18 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire et 8 millions de personnes en situation de pré-famine), au Sahel (5 millions de personnes en besoin d’assistance alimentaire et près d’1 million de réfugiés et déplacés internes), ainsi qu’au Soudan du Sud (6 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, 1,7 millions de personnes au bord de la famine, et 47 000 personnes dans des conditions de famine).

Plusieurs plans stratégiques de pays (Burkina Faso, Gambie, Ghana, Inde, Mauritanie, Népal, Rwanda, Sénégal, Soudan, Tchad) et plans stratégiques provisoires de pays (République arabe syrienne, Somalie et Yémen) ont été approuvés par le Conseil. En outre, un point sur la mise en œuvre de la résolution 72/279 de l’Assemblée générale des Nations unies (couramment appelée « réforme du système de développement des Nations unies ») par le PAM a été présenté aux membres du Conseil d’administration. Le PAM s’est dit investi dans la mise en œuvre de la réforme, et pourra notamment dans le cadre du développement de services d’appui commun apporter son expertise dans plusieurs domaines (services de télécommunication d’urgence, services d’ingénierie et de logistique, chaîne d’approvisionnement...). Le Conseil d’administration a rappelé à cette occasion l’importance de la collaboration entre les trois agences des Nations unies basées à Rome : la FAO, le PAM et le FIDA. La France est intervenue sur ce point, demandant entre autres davantage d’implication des Etats membres dans la préparation des réunions informelles conjointes des conseils des trois agences et des précisions sur le plan d’action conjoint envisagé pour le Sahel.

Le Président du Conseil d'administration du PAM (l'Ambassadeur Hongrois Zoltan Kalman cette année), entouré par le Directeur exécutif du PAM et son équipe. - JPEG

En outre, le Conseil d’administration a adopté plusieurs décisions : le Plan de gestion pour la période 2019-2021, avec des besoins évalués à 9,8 Mds $ pour des ressources estimées à 6,8 Mds $ ; le Cadre révisé de résultats institutionnels pour 2017-2021, qui entend introduire de meilleurs indicateurs de performance de l’action du PAM sur le terrain ; la Politique en matière de gestion globale des risques pour 2018, afin de détecter, évaluer et gérer chaque risque ; ainsi que l’adoption d’une série d’amendements au règlement général et au règlement financier rendus nécessaires par l’adoption de la Réforme de la feuille de route intégrée (passage d’un système d’opérations et de projets à une approche stratégique pays).

Téléchargez l’intégralité des déclarations prononcées par la France durant cette session :Déclaration de la France au CA 2 du PAM - 26 au 29 novembre 2018 - PDF

Photo du logo : Vue d’ensemble-Madame l’Ambassadrice Delphine Borione à l’occasion du discours d’ouverture de la France lors de la 2ème session ordinaire du Conseil d’administration du PAM. © : RP France auprès de l’OAA, du PAM et du FIDA

Dernière modification : 10/12/2018

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