Retour sur la 126e session du Conseil d’administration du FIDA

Une session du Conseil d’administration consacrée notamment au cadre financier du FIDA et à diverses questions opérationnelles dont l’adoption d’un programme spécial pour les pays en situation de fragilité.

La 126e session du Conseil d’administration du Fonds international de développement agricole (FIDA), s’est tenue à Rome du 2 au 3 mai 2019.
Lors de son discours d’ouverture, Gilbert Houngbo, Président du FIDA, a appelé à redoubler d’efforts face à l’insécurité alimentaire croissante. Il a souligné la nécessité d’améliorer la qualité de la réponse à tous les niveaux et l’impact du FIDA sur la pauvreté, et de développer les outils permettant la mesure de cet impact. Il a également insisté sur le fait qu’un accent particulier devrait être mis sur le genre et la parité hommes-femmes.

Concernant l’appui apporté par le FIDA aux pays très endettés via le Cadre pour la soutenabilité de la dette (CSD), le Président du FIDA et les Etats membres ont convenu de la nécessité de disposer d’un mécanisme de financement durable pour la période couverte par la 12e reconstitution du Fonds (2022-2024) et au-delà. Adopté en 2007 par le Conseil des gouverneurs, le CSD est un mécanisme financier visant à alléger la dette des pays les plus pauvres via le versement d’allocations sous forme de dons et de prêts à des conditions très favorables. Jusqu’à présent, le financement de ce mécanisme se faisait ex-post (i.e. les dons et prêts accordés par le FIDA aux pays pauvres en situation d’endettement étaient remboursés a posteriori par les Etats-Membres) ce qui avait pour conséquence des remboursements tardifs, voire l’absence de remboursement des ressources décaissées. Pour répondre à cette limite, le FIDA a proposé le passage à un financement ex-ante qui permettrait de faire correspondre les ressources disponibles et les besoins et ainsi d’éviter d’octroyer des prêts sans garantie certaine de ressources pour les compenser ; proposition qui a notamment été discutée lors de cette session.

Un nouveau pas important a été accompli en termes de diversification des sources de financement du FIDA avec l’approbation par le Conseil d’administration, lors de ce cette session, de trois accords de prêt de partenaire consenti à des conditions très favorables (CPL) : France (50M€), Finlande (50M€), Inde (20MUSD). Ces ressources, qui s’ajoutent aux contributions de base à la 11e reconstitution du Fonds, vont permettre au FIDA de délivrer un programme de prêts et de dons plus important. Le CPL octroyé par la France, qui fait suite à un prêt souverain de 200M€ déjà versé en 2017, illustre le fort soutien de la France à l’action du FIDA en faveur du développement rural dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables.
Cette 126e session du Conseil d’administration a également permis de faire le point sur l’implication du FIDA dans la réforme du système de développement des Nations-unies, sur la collaboration du FIDA avec le Comité de la Sécurité Alimentaire (CSA) et sur la suite donnée à la réforme « Excellence opérationnelle au service des résultats » (OPEX) adoptée en 2016.

Plusieurs stratégies pays ont été examinées, un projet d’irrigation au Rwanda a été adopté et le Programme pour les pays en situation de fragilité approuvé. Ce programme prévoit quatre lignes d’action pour lutter contre la fragilité : autonomisation des femmes (i.e. autonomisation sur le plan économique, protection des droits d’accès aux terres et de la capacité de décision pour la gestion des ressources) ; renforcement des capacités des communautés, des organisations rurales et des institutions locales pour des systèmes de gouvernance plus résilients (notamment pour la gestion des ressources) ; sécurité alimentaire avec un accent porté sur la redynamisation de la production agricole, l’augmentation de la productivité par l’introduction de nouvelles techniques et la réhabilitation des infrastructures d’irrigation ; gestion des ressources naturelles et activités de préparation aux risques de catastrophe au niveau des communautés. Les stratégies pays des pays ciblés par ce programme devront comporter un objectif spécifique sur le renforcement de la résilience et se baser sur une évaluation de la fragilité.

Téléchargez les déclarations prononcées par la France lors de la 126e session du Conseil d’administration du FIDA :

PDF - 85.4 ko
Déclaration de la France au 126ème Conseil d’administration du FIDA
(PDF - 85.4 ko)

Dernière modification : 04/06/2019

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