Réception au Palais Farnèse en l’honneur des Français de la FAO, du PAM et du FIDA

Réception donnée en l’honneur des Français de la FAO, du PAM et du FIDA
5 février 2018, Palais Farnèse, Rome

Vue d'ensemble de la réception du 5/2/18 au Palais Farnèse - JPEG

Le 5 février 2018, Mme Delphine Borione, Ambassadrice, Représentante Permanente de la France auprès de la FAO, du PAM et du FIDA a reçu dans les salons du Palais Farnèse, siège de l’Ambassade de France en Italie, et en présence de Monsieur Christian Masset, Ambassadeur de France en Italie, une centaine de Français membres des trois agences des Nations unies FAO, PAM et FIDA, résidants à Rome. Cette réception, la première réunissant les Français des trois organisations onusiennes de Rome, a permis à l’Ambassadrice de leur présenter ses vœux et d’exposer les grandes priorités de son action à venir pour l’année 2018.

Retrouvez ci-dessous l’intervention de l’Ambassadrice Delphine Borione :

Discours de D Borione-réception en l'honneur desFrançais du 5/2/18 - JPEG

Je voudrais tout d’abord adresser mes remerciements à Monsieur Christian Masset, Ambassadeur de France en Italie, avec Claire Raulin et toutes les équipes de l’Ambassade pour leur soutien dans l’organisation de cette réception. C’est un immense privilège d’être reçus au Palais Farnèse.

Je suis particulièrement heureuse d’avoir pu réunir ici tous les Français, membres des trois agences des Nations unies, qui travaillent à Rome pour mieux nous connaitre et partager un moment de convivialité. Je crois qu’une telle réception n’avait jamais été réalisée.

Alors bienvenue à vous tous ! Un grand merci d’être là !

Nous venons de passer la date limite théorique du 31 janvier, mais je me permets néanmoins de vous adresser, en mon nom personnel et celui de la Représentation Permanente, nos meilleurs vœux, à vous, vos familles et tous ceux qui vous sont chers.

Je suis heureuse, à ce titre, de vous présenter toute notre équipe : Jérôme Audin Représentant Permanent Adjoint, Delphine Babin-Pelliard, conseillère agricole et sécurité alimentaire, Isabelle Mialet-Serra, conseillère scientifique, les Volontaires internationaux Marlene Pra et Marie Guillet, les assistantes Karla Vasquez et Danielle Eustache, ainsi que Fatima El Kasmi du service administratif et Dominique Lescop, au bureau d’ordre.

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A la Représentation Permanente auprès des organisations des Nations unies à Rome que j’ai l’honneur et le plaisir de diriger depuis août dernier, nous avons comme mission de soutenir et, si possible, renforcer la présence française dans vos organisations. Nous sommes donc notamment là pour vous écouter et vous aider le cas échéant.

Il est en effet très utile et mutuellement bénéfique de pouvoir échanger, de partager des informations. Cela vous permet de rester connectés sur les grandes priorités françaises. Et quand vous nous faites remonter vos idées et suggestions, cela nous permet de partager un savoir, une expertise que vous avez développée et qui est toujours extrêmement intéressante de connaître. Cela nous permet aussi de mieux comprendre le fonctionnement quotidien de votre travail et la réalité du fonctionnement des institutions. Donc, d’être plus efficaces et pertinents dans notre rôle de gouvernance des institutions.

Pour cela nous avons aussi engagé un travail pour renforcer la communication de la Représentation permanente. Notre site Internet diffuse beaucoup d’informations aussi bien sur nos activités propres, que ce qui se passe à Rome dans les trois agences, ou en France. Nous allons bientôt lancer une newsletter qui reprendra les informations majeures liés à nos activités. Nous allons ouvrir un compte Twitter … que vous serez invités à retwitter !!

Je sais, pour l’avoir été moi-même quand je travaillais au PAM de 1993 à 2000, vous êtes des fonctionnaires internationaux et en tant que tel, vous devez loyauté à votre organisation. Vous êtes aussi français en tant que tel, vous relevez d’ailleurs du consulat de France en Italie et je remercie Madame la Consule, Elisabeth Tesson, pour son action.

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Cette rencontre est aussi l’occasion d’évoquer le calendrier des principales échéances à venir et nos grandes priorités stratégiques

Nous allons avoir une année très chargée : Quelques dates importantes :
-  la semaine prochaine le 13 et 14 février la réunion du Conseil des gouverneurs du FIDA
-  le 16 février, le dialogue stratégique de haut niveau France –FAO. Il fait suite à la signature de l’accord cadre France-FAO par le DG FAO et le Ministre Le Drian le 12 décembre dernier.

Nous aurons une délégation importante qui viendra de Paris : Mme Catherine Geslain-Lanéelle, Directrice générale de la performance économique et environnementale des entreprises, M. Cyrille Pierre, Directeur du développement durable, M. Jean-Marc Seré-Charlet, Directeur adjoint des Nations unies, M. Jérémie PELLET, Directeur général délégué de l’AFD, ainsi que les responsables des organismes français de recherche et d’enseignement supérieur : Michel Eddi, Président Directeur Général du CIRAD ; Philippe Mauguin, Président Directeur Général de l’INRA ; Claude Bernhard, Directeur de l’Institut AGREENIUM, et Henri-Luc Thibault, Directeur des relations à l’international de l’IRD.
Nous aurons une rencontre avec le DG de la FAO, et la veille, des réunions avec le Président du FIDA ainsi qu’avec le Directeur exécutif du PAM ou son adjoint. Nous espérons également que nous pourrons signer à cette occasion des accords entre la FAO et nos instituts de recherche, l’un avec le CIRAD et l’INRA, un autre avec Agreenium et le troisième avec l’IRD.

-  Parmi les prochaines échéances également, le symposium sur l’Agro-écologie du 3 au 5 avril, en présence du Ministre de l’agriculture, Stéphane Travert
-  Et le 16 juin, la visite du directeur des Nations unies, Alexis Lamek, pour le conseil d’administration du PAM

Je voudrais aussi mentionner les visites à Paris des chefs des agences romaines :
-  le Président du FIDA est venu le 4 novembre dernier participer à une rencontre publique à l’Assemblée nationale organisée par la direction du Trésor ;
-  le directeur général de la FAO est venu le 12 décembre à l’occasion du sommet sur le climat « One Planet ». Il était l’invité du Président de la république lors du déjeuner à l’Élysée avec les chefs d’État ;
-  Nous préparons une visite à paris du Directeur exécutif Davis Beasley dans les prochains mois.

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Quelques mots maintenant des grandes orientations de notre diplomatie, telles que définies notamment par notre Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean Yves le Drian, lors de la présentation récente de ses vœux.
- Première priorité : les enjeux de sécurité et de stabilité internationale.
Cela se traduit par un engagement de la France face aux crises internationales qui affectent notre sécurité et nos intérêts, à commencer par la menace terroriste qui pèse sur l’Europe et sur la France. Cela touche aussi la politique française vis-à-vis de l’Afrique et singulièrement le Sahel, avec notamment la formation de la force conjointe du G5 Sahel.
Pour aider les pays en crises à faire face aux tensions, à se stabiliser puis à se reconstruire, la France a décidé d’augmenter ses moyens d’action humanitaire. Il s’agit aussi de rendre notre action plus cohérente, plus efficace et plus lisible. Ce sera l’un des enjeux de la nouvelle Stratégie nationale humanitaire qui sera adoptée à l’occasion de la Conférence nationale humanitaire du 22 mars prochain.
Notre diplomatie est également engagée pour contribuer à la sécurité collective, qu’il s’agisse des opérations de maintien de la paix ou du traitement des crises de prolifération. Dans ce domaine, la France défend une approche d’abord multilatérale, qui se joue par priorité aux Nations unies. Mais elle veut aussi innover pour inventer les nouveaux modes de régulation dont notre monde et notre économie ont besoin, en particulier face aux enjeux du réchauffement climatique, ou en matière de technologies numériques.
-  En matière de développement, dans le cadre de la réalisation de l’agenda 2030, vous savez aussi l’importance que le Président de la république attache aux questions d’éducation, au renforcement de la résilience des populations et à l’égalité femme-homme Et bien sûr aux questions de sécurité alimentaire qui sont au cœur de tout développement, mais aussi du continuum paix-sécurité-développement.
-  Autre priorité : l’approfondissement du projet européen, comme le montre le titre de notre ministère « de l’Europe et des affaires étrangères ».
-  Un point sur nos moyens d’influence : En 2018, la France continuera d’agir pour renforcer sa diplomatie économique, un enjeu essentiel pour retrouver des marges de manœuvres internationales. L’influence se joue également dans le domaine culturel. La promotion de la langue française et du plurilinguisme dans le monde en est un élément essentiel.
Je vous appelle tous à ce titre à faire usage de la langue française, langue officielle des Nations unies comme langue de travail. Je sais que ce n’est pas toujours facile. Mais battez-vous pour faire respecter ce droit à utiliser le français, langue que parlent, ou à défaut comprennent beaucoup d’agents, même s’ils préfèrent s’exprimer en anglais.
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Pour en venir plus précisément aux questions directement liées aux trois agences romaines, quels seront nos objectifs plus spécifiques ? je voudrai rapidement évoquer deux grands axes de travail, l’un sur le contenu des programmes, l’autre sur le fonctionnement des agences.

Premier axe de travail : encourager les actions des agences romaines visant à assurer la sécurité alimentaire (l’objectif Faim Zéro de l’agenda 2030) et favoriser la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires durables.

Cela nous amène à poursuivre les objectifs suivants :
o promouvoir une agriculture diversifiée et multi-performante (du point de vue économique, social, environnemental et sanitaire). Promouvoir en particulier l’agro-écologie et la biodiversité au sein de l’ensemble des actions de la FAO.
o favoriser une intégration ambitieuse des questions relatives au climat dans les axes de travail des trois institutions : vous le savez, c’est une priorité stratégique pour la France, comme pour l’ensemble de nos sociétés : nous souhaitons une prise en compte majeure des questions agricoles et alimentaires à la fois dans les politiques d’atténuation mais également d’adaptation aux changements climatiques
o favoriser une dimension sociale et inclusive des politiques de sécurité alimentaire : parmi les questions majeures dans ce cadre : l’égalité homme/femme, l’emploi des jeunes et les migrations, la prise en compte de la nutrition. Nous encourageons les agences romaines à adopter une approche inclusive intégrant ces questions transversales.
o renforcer la résilience des populations face aux différents chocs et conflits
o s’assurer qu’une priorité soit donnée par les agences romaines aux pays à faible revenu et aux pays fragiles, en particulier au Sahel et en Afrique subsaharienne

Vous le voyez ce sont toutes des questions éminemment politiques qui touchent les grands équilibres géostratégique du monde.

Deuxième axe de travail : Promouvoir le meilleur fonctionnement possible des institutions FAO, PAM, FIDA et du CSA, et favoriser une plus grande collaboration inter-agences, en particulier dans le contexte de la réforme du système de développement des Nations unies

o Cela implique de promouvoir une gestion efficace et efficiente des agences, en terme de gestion des ressources, des ressources humaines, de la gestion des risques, de transparence, de contrôle interne…
o veiller à la bonne mise en œuvre des réformes des trois institutions
o encourager au renforcement de la collaboration entre les agences romaines, en particulier dans le cadre de la réforme des Nations unies et de la mise en œuvre du continuum humanitaire-développement visant à renforcer la résilience des populations
o En ce qui concerne le CSA, contribuer à ce que celui-ci soit conforté dans son rôle de plateforme multi-acteur unique
o Et en termes de financement : Appuyer la diversification des sources de financement des trois organisations

Venons-en à la place de la France

Bien sûr notre mission est de promouvoir la place de la France, tout en renforçant notre action au sein des coordinations européennes, veiller à l’usage de la langue française et de la francophonie, valoriser les idées, la recherche et l’expertise française, et défendre nos intérêts économiques.
La France est un acteur majeur dans vos trois organisations. Notre présence et notre influence s’exercent à travers des moyens d’actions multiples :

-  Tout d’abord le financement : il s’agit d’une contribution aux trois agences de plus de 80 millions de dollars par an.
. A la FAO nous sommes à la neuvième place si l’on tient compte des financements à la fois obligatoires et volontaires.
. Au FIDA nous sommes à la douzième place dans la 10e reconstitution (2016-2018) mais nous avons décidé une augmentation de notre contribution dans le cadre de la 11e reconstitution. Nous jouons aussi un rôle actif dans la diversification des financements avec un prêt de 200 millions d’euros de l’AFD réalisé l’an dernier.
. Et puis au PAM : soyons clairs : nous entendons trop souvent que la France ne donne pas ce qu’elle devrait donner. Certes notre contribution est loin derrière celle du Royaume-Uni ou de l’Allemagne mais sachez d’abord que c’est la plus grosse contribution volontaire de notre ministère à une agence des Nations unies. Deuxièmement n’oublions pas que si l’on prend en compte la part de la France dans les contributions européennes (environ 16 pour cent alors que l’UE a donné 900 millions au PAM en 2016), on peut donc rajouter près de 140 millions à ce que nous donnons directement au PAM. Nous sommes ainsi dans les 10 premiers contributeurs si on prend en compte notre part dans l’effort européen.

-  Mais il n’y a pas que les financements : notre action passe aussi par la mise à disposition auprès des organisations d’experts de grande valeur - la plupart sont là ce soir avec nous. Vous êtes ainsi une vingtaine d’experts financés par le ministère de l’agriculture ou le ministère des affaires étrangères (maintenant à travers Expertise France). Plusieurs d’entre vous qui ont aujourd’hui des contrats permanents avaient aussi bénéficié de ces contrats dans le passé. Nous avons aussi un programme de Jeunes Professionnels Associés très actif (dont j’avais d’ailleurs bénéficié il y a quelques années !).

-  Et puis bien sûr il y a la place de la recherche française dans les trois organisations. Notre dispositif de recherche constitue un de nos atouts majeurs dans le débat international sur le développement agricole et la sécurité alimentaire. Les travaux et l’investissement de nos experts du CIRAD, de l’INRA et de l’IRD en appui à cette Représentation permanente, ont été déterminants dans plusieurs débats portés à Rome à la FAO, tels que celui sur l’agroécologie, les biotechnologies, le climat ou l’initiative 4 pour 1000. La qualité de nos experts, la multiplication des dispositifs de partenariats avec le sud (CIRAD/IRD) et l’articulation des travaux de la recherche française avec l’agenda international et nos priorités politiques, offrent ainsi un avantage comparatif unique à un moment où les agences romaines doivent externaliser une part croissante de leurs activités, investissent fortement la coopération sud-sud et cherchent à promouvoir des recommandations politiques basées sur la science et l’expérimentation.
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En conclusion, en remerciant encore Christian Masset d’avoir rendu cette réception possible, dans ce somptueux cadre du palais Farnèse, je voudrai réitérer le plaisir que nous avons de vous voir tous réunis ce soir, une manière aussi de renforcer la collaboration entre les trois agences des Nations unies à Rome. Renforcer cette coopération passe aussi par les échanges que vous pouvez avoir entre vous, et avec nous.

Je voudrais aussi saisir cette occasion pour vous féliciter et vous remercier pour votre engagement, que je sais très fort. Pour votre action au service d’un mandat si essentiel pour le développement et la stabilité dans le monde, pour le bien être de ces populations dont tant sont démunies, souffrent de la faim et de malnutrition, de conflits et d’insécurité.
Sachez aussi que nous intervenons souvent auprès de vos institutions pour saluer le rôle des personnels de vos organisations, et notamment ceux sur le terrain qui vivent dans des situations très difficiles.
Profitons ainsi de cette soirée pour renforcer ces liens professionnels entre nous, mais aussi et surtout ces liens d’amitié au sein de notre communauté des Français des agences des Nations unies à Rome./.

Dernière modification : 07/02/2018

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