Plus de 700 participants au deuxième Symposium international sur l’agro-écologie

Le deuxième Symposium international sur l’agro-écologie s’est déroulé du 3 au 5 avril 2018 au siège de la FAO et a rassemblé plus de 700 participants de 72 gouvernements, 350 acteurs non-étatiques et 6 organisations des Nations unies.

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Ce Symposium s’inscrit dans la continuité de celui qui avait eu lieu en 2014, dans lequel la France avait joué un rôle très important et des sept séminaires régionaux qui ont suivi. Il s’inscrit aussi dans un contexte où le Directeur général de la FAO souhaite faire de l’agro-écologie un axe de travail essentiel et transversal pour l’Organisation avant son départ en 2019.

Les trois jours du symposium ont permis des échanges très riches, tant au cours des sessions en plénières que lors des retours d’expériences en sessions parallèles. Il avait pour ambition, sur la base d’une synthèse des messages et recommandations clés des séminaires régionaux, de recenser les besoins et les problèmes auxquels sont confrontés les pays dans l’adoption et la mise en œuvre de l’agro-écologie, d’évaluer l’impact de politiques publiques tournées vers une agriculture en mutation et durable et d’identifier les besoins en renforcement de capacités de l’ensemble des acteurs. La FAO a également saisi l’occasion de ce symposium pour lancer officiellement une initiative de "passage à l’échelle supérieure de l’agro-écologie afin de transformer l’alimentation et l’agriculture au service des objectifs de développement durable (ODD)".

Côté français, la délégation nombreuse et de haut niveau menée par Stéphane Travert, Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, était composée notamment du Président directeur-général de l’INRA, Philippe Mauguin et de son Vice-Président à l’international, Jean-François Soussana, de la Présidente du Conseil d’administration d’Agreenium, Marion Guillou, d’Etienne Hainzelin, Conseiller du président directeur général du Cirad, de Philippe Petithuguenin, Directeur général délégué adjoint en charge de la Recherche et de la Stratégie au Cirad, de deux représentants du Ministère de l’agriculture ainsi que d’une vingtaine de chercheurs du Cirad, de l’INRA et de l’IRD, outre l’équipe de la Représentation permanente.

Dans son discours d’ouverture, le Directeur général de la FAO, Jose Graziano da Silva, a souligné qu’il fallait maintenant évoluer vers des systèmes alimentaires durables du point de vue économique, social et environnemental en incluant l’agro-écologie dans les cadres politiques et juridiques liés à l’alimentation. Il a annoncé que les décisions du Symposium seraient portées au Comité de l’agriculture (COAG) de la FAO en octobre 2018 en perspective d’une approbation à la Conférence de la FAO de juillet 2019.

Stéphane Le Foll, invité par le DG de la FAO, est intervenu lors de la session d’ouverture. Dans un discours inspirant sur l’agro-écologie, il a souligné que la révolution verte était dans une impasse, avec la généralisation de systèmes standardisés et a appelé la FAO à faire émerger une révolution doublement verte appuyée sur la diversité et la gouvernance collective.

Les interventions techniques qui se sont succédées lors des différentes sessions ont été très riches. Elles ont souligné notamment la nécessité de :
- Mieux accompagner les changements de pratique des agriculteurs, en facilitant l’accès aux marchés, avec la mise en œuvre de politiques de soutien, en favorisant les échanges horizontaux d’expériences ;
- Intégrer l’agro-écologie dans les offres de formations agricoles ;
- Développer des politiques agricoles et des cadres réglementaires, favorables à une agriculture plus durable ;
- Produire des connaissances sur l’agro-écologie en associant la recherche et les agriculteurs et co-construire des innovations technologiques sur l’agro-écologie ;
- Rendre l’agro-écologie attractive pour les jeunes, ce qui contribue aussi à la revitalisation des territoires ruraux ;
-  Changer les critères définissant la performance d’un modèle agricole, jusqu’à présent très souvent centré sur la mesure du rendement ;
- Prendre en compte les coûts réels de production des produits agricoles.

Le Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert, a confirmé l’engagement fort et continu de la France dans l’agro-écologie, que ce soit au plan national ou au plan international. Il a souligné que ces approches sont pertinentes au Nord comme au Sud pour relever les défis du 21ème siècle, notamment en matière de climat, de biodiversité et de développement durable. Il a remercié la FAO pour tout le travail effectué ces dernières années en faveur de l’agro-écologie et a appelé l’organisation à continuer à être le moteur du changement et de la mobilisation, en lien avec les autres organisations des Nations unies basées à Rome.

Retrouvez les sessions du Symposium (redirection vers le site de la FAO)

Dernière modification : 15/05/2018

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