Intervention de la France lors du segment de haut niveau sur les quatre situations de famine (Conseil d’administration du PAM, 12 juin 2017)

Discours prononcé par Jérôme Audin, Représentant permanent adjoint de la France auprès des institutions des Nations unies à Rome.

Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur exécutif,
Monsieur le Directeur général,
Madame la Commissaire,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais en premier lieu remercier le PAM pour avoir pris l’initiative d’organiser cette
session de haut niveau.

Les faits sont clairs : 20 millions de personnes sont aujourd’hui menacées par le risque de famine au Nigeria, au Soudan du Sud, en Somalie et au Yémen. 1,4 millions d’enfants touchés par la malnutrition aiguë sévère sont en danger de mort.
L’état de famine a déjà été déclaré dans certaines zones du Soudan du sud.

1/ Face à cette situation et pour tenir notre engagement collectif de ne laisser personne de côté, une mobilisation accrue est nécessaire. Je voudrais saluer particulièrement l’action du PAM qui, dans des conditions difficiles, joue un rôle majeur pour apporter une assistance alimentaire d’urgence. Je voudrais également saluer l’action de la FAO pour faire en sorte que le soutien à l’agriculture fasse partie intégrante de la réponse d’urgence. L’action de l’UNICEF est également cruciale pour sauver les vies des enfants et des femmes atteints de malnutrition aiguë. Je voudrais me féliciter de la coopération qui s’est mise en place pour apporter une réponse conjointe des Nations unies à ces menaces de famine.

La France est pleinement engagée dans la réponse à ces menaces de famine, et a notamment annoncé des contributions lors de la conférence d’Oslo pour le lac Tchad et lors de la conférence de Genève pour le Yémen. Nous avons mobilisé plus de 21M€ d’aide humanitaire en 2017 pour les opérations dans les pays du bassin du lac Tchad, dans la Corne de l’Afrique et au Yémen. S’agissant du Bassin du Lac Tchad, il est important que tous concrétisent les engagements pris lors de la Conférence d’Oslo afin d’éviter que la situation s’aggrave dans les prochains mois ; la mobilisation de nouveaux donateurs paraît également indispensable.

2/ Nous savons combien les contextes opérationnels de ces quatre pays sont complexes. La France souhaite saluer l’adaptabilité et l’esprit d’innovation démontrés par le PAM pour pouvoir atteindre les bénéficiaires, même dans les conditions les plus difficiles. La question de l’accès humanitaire est absolument clé pour pouvoir mettre en oeuvre une réponse effective et d’ampleur. L’aide doit pouvoir aller à toutes les populations qui en ont besoin, où qu’elles soient. Il est donc impératif que les parties garantissent un accès humanitaire sûr, complet et sans entrave. Il est également fondamental que les populations civiles soient protégées, ainsi
que les personnels humanitaires et médicaux qui leur portent secours. Le respect du droit international humanitaire et la protection des civils sont des obligations universelles et non négociables. La France poursuivra sa mobilisation dans ce domaine.

3/ Dans ces quatre pays, la situation d’insécurité alimentaire puise directement ses origines dans un conflit et/ou est aggravée par un conflit. Ces situations soulignent qu’il est primordial de continuer à travailler à la recherche de solutions politiques aux conflits, afin de soulager durablement les populations qui en sont victimes.

4/ Enfin, face à cette situation et à la récurrence des crises qui érodent les moyens d’existence des populations, nous voyons la nécessité d’une réponse qui, au-delà de l’aide humanitaire d’urgence, contribue à préserver les moyens de subsistance et à renforcer la résilience des populations. Il est nécessaire de répondre aux crises en pensant à plus long terme, à travers des réponses globales et durables.

En plus de sa participation à la réponse d’urgence, la France mobilise sur le court et moyen terme des outils de financement dédiés qui permettent de travailler au continuum urgence/stabilisation/développement. A moyen et long termes, nous avons fait le choix d’intervenir sur des géographies en périphérie des zones de crise, en complémentarité des interventions de nos partenaires, afin d’assurer des moyens d’existence suffisants pour les populations locales, déplacées et réfugiées dans ces zones fragiles.

Parallèlement à la réponse humanitaire d’urgence, nous réitérons l’importance d’investir dans la prévention, en s’attaquant aux causes profondes des situations d’insécurité alimentaire, et de renforcer la résilience des populations. Comme l’a très bien dit le directeur général de la FAO, la prévention et le renforcement de la résilience des populations permettent aussi de sauver des vies.

Je vous remercie.

Photo utilisé pour le logo : vue d’ensemble de la séance plénière, prise par le photographe du PAM Giorgio Napolitano

Dernière modification : 12/01/2018

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