Intervention de l’Ambassadrice D. Borione sur la nutrition

Discours prononcé lors de l’événement parallèle "nutrition" en marge du 44ème Comité pour la sécurité alimentaire mondiale d’octobre 2017 à la FAO à Rome,

Introduction de l’évènement

Une seule phrase pourrait illustrer à elle seule l’immense importance de la nutrition dans le développement : une bonne nutrition est la condition sine qua none pour qu’un enfant soit en mesure de réaliser pleinement son potentiel physique et intellectuel. Une bonne nutrition n’est possible que lorsqu’un éventail de facteurs sont réunis et offrent un cadre de développement optimal aux individus : alimentation, éducation, santé, accès à l’eau, soins etc. C’est pourquoi la nutrition tient une place centrale dans l’agenda 2030.

La lutte contre la sous-nutrition est l’une des priorités de notre politique de développement.

La France promeut une approche multisectorielle et intégrée de lutte contre la malnutrition, et reconnaît l’importance de répondre aux causes sous-jacentes de la sous nutrition, à travers notamment le renforcement des systèmes de santé et la mise en place de systèmes alimentaires durables offrant une alimentation diversifiée.

La France traduit ses engagements en actions à travers la mise en œuvre de sa feuille de route multisectorielle visant à renforcer la prise en compte de la nutrition dans ses programmes et politiques humanitaires et de développement à l’horizon 2020.

L’agriculture a un immense potentiel d’impact sur la nutrition, encore largement inexploité. Elle peut avoir un effet sur le statut nutritionnel à travers différents chemins : en permettant d’augmenter les revenus des petits agriculteurs, dont les enfants sont les plus touchés par la malnutrition ; en améliorant l’offre d’une alimentation diversifiée et nutritive ; en participant à l’autonomisation des femmes.

Le champ d’action de l’agriculture pour la nutrition s’enrichit rapidement grâce à l’intérêt croissant de la recherche pour le sujet et aux partages d’expériences des partenaires opérationnels.

Nous voulons, à travers cet évènement, contribuer à la réflexion en cours autour des systèmes alimentaires, de l’agriculture et de la nutrition.

Cet évènement est d’abord l’occasion de partager avec vous des expériences et des pratiques ayant permis d’obtenir des impacts positifs en termes de nutrition à travers l’agriculture. Nous avons voulu balayer des contextes différents, pour faire ressortir les bonnes pratiques communes mais aussi pour souligner l’importance de prendre en compte les spécificités locales.

Nous avons également, à travers les différentes perspectives présentées par nos panélistes, souhaité montrer l’importance de la mise en place de politiques publiques et de plateformes de coordination facilitant l’émergence et la mise à l’échelle d’une agriculture favorable à la nutrition, et ce du niveau le plus décentralisé au niveau le plus global.

Nous avons voulu un évènement participatif, laissant une grande place à la discussion. Nous vous invitons à partager librement vos expériences et opinions pour pouvoir débattre des défis présents et futurs en matière d’intégration de la problématique nutritionnelle dans les programmes et politiques d’agriculture durable.

Une rapide présentation des panélistes pourra être effectuée ici.

Synthèse et conclusion

Il s’agit de souligner :
-  L’importance du travail multiacteur et d’une coordination effective à tous les niveaux (en lien avec l’intervention de B. Coulibaly)
-  Les nombreuses voies par lesquelles l’agriculture peut apporter des solutions aux défis nutritionnels (en lien avec l’intervention d’IFOAM)
-  La nécessité d’aller vers des modèles agricoles ayant des impacts positifs sur l’environnement et la nutrition tels que l’agroécologie
-  La nécessité d’intégrer les problématiques de nutrition dans les politiques sectorielles (agriculture, santé, éducation etc.), politiques qui doivent ensuite être traduites au niveau local (en lien avec la présentation d’ACF)

La France, aux côtés de l’Union européenne et des différents partenaires impliqués, continuera à soutenir pleinement les efforts de lutte contre la malnutrition maternelle et infantile pour permettre à chaque enfant d’atteindre son plein potentiel.

A l’image de la diversité des panélistes réunis ce matin, cet évènement a été l’occasion de réaffirmer la nécessité d’une mobilisation concertée de tous les acteurs pour la construction d’un environnement institutionnel et politique favorables à la nutrition.

Comme nous l’avons entendu, la malnutrition concerne un nombre croissant de pays : la sous-nutrition continue de sévir, tandis qu’on observe en parallèle une augmentation des taux d’obésité. La malnutrition affecte aujourd’hui une personne sur trois dans le monde.

Par son caractère multiacteur et son rôle dans la convergence des politiques, le CSA a une position unique pour participer à relever le défi immense posé aujourd’hui par la malnutrition, un défi qu’il est urgent de relever car la malnutrition continue de croître.

La nutrition doit rester un élément central du programme de travail du CSA sur les prochaines années, afin d’influencer positivement les impacts de l’agriculture et des systèmes alimentaires sur l’environnement et la santé.

Photo de logo : Delphine Borione. Photo prise par le photographe de la FAO

Dernière modification : 02/02/2018

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