Gestion durable de l’eau : un enjeu primordial pour la sécurité alimentaire

L’eau est indispensable à la réduction de la faim de la monde. Mise sous pression par l’agriculture et les autres conséquences de l’activité humaine, les ressources en eau douce se raréfient. Face à une augmentation du nombre d’êtres humains, seule une gestion durable de cette ressource permettra de nourrir la planète.

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Gestion durable de l’eau : un enjeu primordial pour la sécurité alimentaire

La réduction de la faim dans le monde ne se fera pas sans une gestion durable et responsable de l’eau dans le domaine agricole. L’agriculture est une source importante de pression sur les ressources en eau : ce domaine représente à lui seul 70% des prélèvements en eaux de la planète ; la déforestation pour élargir les exploitations agricoles a réduit la capacité des sols à retenir l’eau ; la pollution des aquifères est majoritairement due aux nitrates utilisés dans l’agriculture (80% des eaux usées dans les pays en développement sont rejetés sans traitement).

Cependant, le domaine agricole est également le plus vulnérable et le plus impacté par les perturbations dues aux changements climatiques et à l’activité humaine de manière générale : leur production est menacée par les perturbations du cycle de l’eau, provoquant sécheresses, avancée de désert ou au contraire inondations. On peut ajouter à cette liste le tarissement de l’eau douce dû à sa salinisation et à l’assèchement ou la pollution des aquifères. Ces événements ont évidemment des conséquences majeures sur la sécurité alimentaire des agriculteurs. Les populations rurales dans les pays en développement comptent parmi les plus vulnérables ; la réduction de leur production agricole impacte fortement leurs ressources économiques et alimentaires. Au-delà de leur production, ils sont eux-mêmes menacés par la raréfaction et pollution de l’eau douce ; les populations rurales représentent ainsi 80% des personnes ne bénéficiant pas de services fiables d’approvisionnement en eau potable.

Le domaine agricole est donc le premier impacté par les pressions du changement climatique sur l’eau. Il est pourtant essentiel que la production alimentaire mondiale puisse s’accroitre pour répondre à la hausse démographique et atteindre l’objectif « faim zéro ». Selon les prévisions de l’ONU, nous serons 9,7 milliards d’êtres humains en 2050. Produire plus de denrées alimentaires en consommant moins d’eau est donc un enjeu primordial.

D’autre part, les tensions liées aux difficultés d’accès à l’eau et par extension à l’insécurité alimentaire sont source d’instabilité sociale, économique et politique. Ces situations peuvent mener à des conflits internes et migrations, eux même source d’une plus grande insécurité alimentaire.

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Les agences des Nations unies à Rome impliquées dans le défi de l’eau pour l’agriculture et la sécurité alimentaire

FAO

La FAO, en particulier à travers sa division Terre et Eaux, coopère avec de multiples acteurs afin de sensibiliser et de faire avancer les connaissances sur le sujet. Ses travaux sur le complexe terre-eau ont pour objectif de développer des outils pratiques et innovants qui permettent aux autorités publiques de prendre des décisions éclairées en matière de gestions des terres et des eaux. La publication du rapport sur L’État des ressources en eaux et des terres dans le monde en est l’illustration.

L’engagement de la FAO pour une gestion durable des ressources en eaux s’incarne dans de multiples initiatives. La FAO est notamment l’hôte du Cadre mondial sur la rareté de l’eau dans l’agriculture (Global Framework on Water Scarcity in Agriculture), un partenariat établi en 2017, composé d’agences gouvernementales, d’organisations internationales, d’instituts de recherche, de groupes d’intérêts et de membres d’organisations professionnelles. Ensemble, ils se sont engagés à collaborer pour identifier les actions prioritaires pour faire face à la pénurie croissante d’eau et aux menaces que le changement climatique fait peser sur la production agricole. Ce réseau compte aujourd’hui plus de 65 partenaires. Le premier Forum du Cadre mondial sur la rareté de l’eau dans l’agriculture a eu lieu en mars 2019. Il a donné lieu à l’Engagement de Praia, reconnaissant l’importance de l’enjeu de l’eau dans l’agriculture et la nécessité de coopérer en ce sens.

FIDA

Le FIDA s’emploie à renforcer la sécurité de l’approvisionnement en eau des populations les plus vulnérables. Pour cela, il coopère avec les gouvernements pour la création de politiques publiques adoptant une approche intégrée et participative de la gestion de l’eau. Le FIDA travaille également directement avec les populations rurales afin de favoriser une allocation et une gestion plus équitable des terres et de l’eau. Cela passe notamment par la création d’associations d’usagers de l’eau et la mise en place de systèmes d’alimentation en eau, qui permettent de distribuer cette ressource. Le FIDA investit dans des infrastructures hydriques et dans des technologies plus efficientes pour l’agriculture, le traitement et la transformation des produits après la récolte, ou les réseaux d’eau à usage domestique.

Le président du FIDA, M. Gilbert Houngbo, a été nommé par le Secrétaire Général des Nations unies président d’ONU-Eau. L’eau étant un sujet transversal, nécessaire à la réalisation de nombreux objectifs de développement (nutrition, production agricole, égalité femme-homme, santé, paix, etc.), ONU-Eau a pour mission de faciliter la coordination entre les agences des Nations unies, mais également avec les organisations internationales et les ONG.

PAM

Le PAM soutient un large éventail d’activités dans le domaine de l’eau, notamment en lien avec la nutrition et la santé, la conservation des sols et des ressources en eau, l’eau pour la production alimentaire et la protection contre les risques de catastrophes. Ces activités sont intégrées dans ses programmes d’assistance alimentaire.

Le PAM coopère avec d’autres agences pour faire face à l’enjeu transversal de l’eau. En juin 2019, le PAM a participé un atelier réunissant cinq acteurs leaders dans ce domaine (UNICEF, la Fondation Bill et Melinda Gates, Académie africaine des sciences, Agence suédoise de coopération internationale au développement et Arm) pour développer des solutions innovantes aux problèmes d’eau et d’assainissement.

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La France : un acteur engagé dans la gestion durable de l’eau

Face à ces défis, la France s’est dotée d’une nouvelle Stratégie internationale de la France pour l’eau et l’assainissement (2020-2030). Elle est le fruit d’une large concertation, inclusive et participative, qui s’appuie sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs français de l’eau. À travers cette nouvelle stratégie, la France affirme l’importance d’adopter une approche intersectorielle et une gestion intégrée des ressources en eau.

La stratégie de la France s’articule autour de trois axes d’action prioritaires qui visent à :

  • 1) Améliorer la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement, de l’échelle locale à l’échelle mondiale
  • 2) Renforcer la sécurité d’approvisionnement en eau pour tous dans un contexte d’accroissement des pressions sur la ressource et de multiplication des crises liées à l’eau
  • 3) Renforcer l’efficacité des moyens et des outils, en privilégiant le développement de solutions innovantes et de mécanismes solidaires de financement

Le premier axe stratégique repose sur le renforcement de la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement pour une gestion plus durable de l’eau. La France soutient à cet égard le renforcement du rôle d’ONU-Eau et promeut les conventions d’Helsinki (1992) sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux et de New York (1997) sur l’utilisation des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation. Ces deux instruments ont pour vocation de renforcer la gestion durable et concertée des cours d’eau. La France plaide pour leur ratification à l’international en vue d’assurer la paix, la sécurité et la pérennité des usages de l’eau. Ceci permettra de créer des conditions propices aux deux autres axes stratégiques qui visent au renforcement de la sécurité d’approvisionnement en eau ainsi que des moyens et des outils en privilégiant le développement de solutions innovantes et de mécanismes solidaires de financement.

Plus largement, la nouvelle stratégie de la France vise à assurer la cohésion du secteur de l’eau et de l’assainissement avec d’autres ODD et à répondre aux autres grands enjeux actuels que sont la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la santé, l’égalité entre les femmes et les hommes, la réduction des inégalités, l’éducation ou encore le développement économique.

La France reconnaît ainsi l’eau et l’assainissement comme un secteur prioritaire de l’aide publique au développement. La France figure parmi les cinq bailleurs les plus importants en volume derrière les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon.

PDF - 1.3 Mo
Stratégie internationale de la France pour l’eau et l’assainissement (2020-2030)
(PDF - 1.3 Mo)

Pour aller plus loin :
Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2020 : l’eau et les changements climatiques
Téléchargez le rapport de la FAO sur l’État des ressources en eaux et des terres dans le monde, 2011 (pdf, 3,31mo).
Téléchargez le rapport de du PAM Water for Food Security, 2017 (pdf, 5,84mo)
Global Framework on Water Scarcity in Agriculture (WASAG)
ONU-Eau
WFP Bootcamp on water and sanitation, 2019

Dernière modification : 24/03/2020

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