Discours de l’Ambassadrice lors de la réception donnée en l’honneur des Français des institutions des Nations unies à Rome, 28 janvier 2020

Monsieur l’Ambassadeur, cher Christian

Madame l’Ambassadrice près le Saint-Siège, chère Elisabeth

Monsieur le directeur général adjoint, cher Laurent Thomas

Chers amis,

Je suis particulièrement heureuse de vous réunir ici au Palais Farnèse, pour cette cérémonie des vœux à l’ensemble des Français qui travaillent dans les institutions des Nations unies à Rome. Merci à vous tous d’être si nombreux.

C’est la deuxième fois que nous organisons une telle réception et je tiens à remercier tout particulièrement l’ambassadeur de France Christian Masset de nous permettre de nous réunir dans ce merveilleux Palais Farnèse pour partager un moment de rencontre et de convivialité.

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1/ Nous connaissons aujourd’hui un contexte qui fait que nous avons plus que jamais besoin du multilatéralisme et des institutions multilatérales

Face à l’insécurité alimentaire repartie à la hausse et notre retard dans la réalisation de l’ODD2, au défi du changement climatique, à la perte de biodiversité avec des incendies dramatiques au Brésil puis en Australie en ce début d’année venus nous le rappeler, sans oublier les crises humanitaires au Yémen, en Syrie, mais aussi les crises moins médiatisées (République démocratique du Congo, République Centrafricaine…).

Nous avons plus que jamais besoin du multilatéralisme pour répondre à ces défis communs. C’est la raison pour laquelle la France et quelques partenaires, dont l’Allemagne, ont pris l’initiative de lancer il y a quelques mois l’Alliance pour le multilatéralisme avec l’objectif de créer un réseau souple et agile d’Etats, prêts à soutenir des initiatives de coopération internationale renforcée, à former des coalitions de soutien, à générer du consensus, dans un esprit constructif et ouvert.

Nous sommes ici sur une des lignes de front du soutien au multilatéralisme : non seulement parce que Rome est une ville-siège des Nations unies, la troisième après New-York et Genève, mais aussi parce que les questions que nous y traitons – l’agriculture et l’alimentation - sont des questions absolument clés pour les populations du monde et pour la réalisation des Objectifs du développement durable. Ce sont aussi des enjeux éminemment politiques et stratégiques.

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2/ Rétrospective 2019 : les réalisations, les résultats

* A la FAO
- retour sur la campagne au poste de Directeur général de Catherine Geslain-Lanéelle, une candidature reflétant notre engagement en faveur du multilatéralisme et animée par le souci que la FAO reste notre « maison commune », où chacun se sente écouté et respecté ;
- en septembre, la France a pris la présidence du groupe des amis de la biodiversité et des services écosystémiques après avoir présidé jusqu’en juillet le groupe des amis de l’agro écologie : vous connaissez l’engagement du Président de la République et de la France sur ce sujet ; 2020 sera par ailleurs une année clé pour la biodiversité avec le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature à Marseille en juin et la COP15 en octobre en Chine.
- la France, qui siège au Conseil, est de retour au Comité du Programme depuis juillet dernier et pour une durée de 2 ans.

* Au PAM :

-  même si la France ne figure pas parmi les grands bailleurs du PAM, en incluant notre part dans la contribution de l’Union européenne (soit 17% des 686M$ versés par la Commission européenne en 2019) et en raisonnant donc en termes d’effort fait par le contribuable, la France a été avec un total de 138M$ le 8e bailleur gouvernemental du PAM en 2019.
-  Nous nous sommes démarqués aussi par la qualité de nos contributions : 22 opérations du PAM financées en 2019 avec un accent particulier sur la réponse aux crises (Sahel, Yémen, réfugiés syriens, RDC, Haïti) mais pas uniquement (financement aussi d’activités de résilience et d’activités visant à répondre aux causes profondes de la faim).

* Au FIDA : la France est devenue en 2019 l’un des premiers bailleurs du FIDA dans le cadre de la 11e reconstitution couvrant la période 2019-2021. Afin de contribuer à accroître l’impact du FIDA, nous avons continué de soutenir la diversification de ses sources de financement en étant l’un des tout premiers pays à octroyer au FIDA un prêt concessionnel de partenaire à des conditions favorables.

* Au CSA : la France est de retour au Bureau du CSA depuis octobre 2019 et est activement engagée dans les processus de convergence politique en cours sur les systèmes alimentaires et la nutrition et sur les approches agroécologiques et autres approches innovantes dont les lignes directrices politiques doivent être adoptés en octobre 2020.

* Nous avons renforcé notre communication avec le lancement de notre compte twitter @FranceONURome. Je vous invite à nous suivre, à nous retweeter.

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3/ Nos perspectives et nos projets pour 2020


* Une année qui sera scandée par plusieurs évènements clés :

-  Le dialogue stratégique avec la FAO dans quelques jours auquel prendront part l’ensemble des acteurs institutionnels français (ministères, recherche), et qui pour faire le parallèle avec l’activité de l’ambassade bilatérale sera un peu notre sommet « France-Italie » à nous. Mais également le 75e anniversaire de la FAO : dans son discours pour le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Président Chirac avait dit « les anniversaires ne valent que s’ils constituent des ponts jetés vers l’avenir ». Nous allons travailler avec la FAO et avec nos partenaires européens à faire du 75e anniversaire de la FAO, qui est aussi l’anniversaire de l’ONU, un pont jeté vers l’avenir.

-  Perspective de mettre en place, pour la 1ère fois, des consultations politiques avec le PAM sur le modèle du dialogue qui existe avec la FAO. Accompagnement du PAM dans sa stratégie de renforcement des partenariats avec le secteur privé, à travers notamment l’organisation d’un évènement avec le MEDEF et l’Alliance Sahel en février.

-  Le Conseil des gouverneurs du FIDA sera la première grosse échéance de cette année 2020 ; mais également les consultations sur la 12e reconstitution du FIDA qui vont s’étaler tout au long de l’année et qui seront l’opportunité de définir les orientations stratégiques et le niveau d’ambition pour les prochaines années.

* Dans toutes ces instances : quelles seront nos priorités ?

-  la nécessaire transition écologique d’abord, qui doit permettre aux systèmes alimentaires de répondre aux besoins de la triple performance de l’agriculture -économique, écologique et sociale- et fournir une alimentation nutritive et saine tout en préservant les ressources naturelles et le climat ;

-  la préservation de la biodiversité : nous sommes par exemple en train de voir très concrètement comment impliquer la FAO, institution de référence sur les forêts, dans l’initiative de l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales lancée lors du Sommet du G7 de Biarritz en août dernier ;

-  l’égalité femmes-hommes, qui est un thème qui me tient particulièrement à cœur, avec notamment le grand Forum Génération Egalité qui se tiendra à Paris en juillet ;

-  Des interventions d’aide en priorité aux pays les plus pauvres, et en particulier à l’Afrique subsaharienne ; la promotion d’un développement rural durable, dans toutes ses dimensions, et inclusif ;

-  En matière de gouvernance, continuer sans relâche à plaider pour des organisations réformées, modernisées, plus efficaces et mieux gérées : c’est une des ambitions de l’Alliance pour le multilatéralisme et c’est un impératif pour la crédibilité des Nations unies ;

-  Des institutions aussi où le pluralisme des langues est pleinement respecté. Je sais que la francophonie est un enjeu dans toutes vos institutions mais, je le rappelle, c’est un droit. Le français est langue de travail et une langue officielle. Hélas, nous savons que c’est peu respecté dans les échanges internes. Nous comptons sur vous pour vous exprimer en français chaque fois que c’est possible : comment pouvons-nous faire respecter le multilinguisme quand ce sont les Français eux-mêmes qui font le jeu du monolinguisme anglophone ?

* Un mot sur le Sommet du SGNU sur les systèmes alimentaires

Toutes les priorités que je viens de rappeler, nous allons naturellement les porter dans le cadre de la préparation du Sommet sur les systèmes alimentaires, en plaidant pour une transition vers des systèmes durables et sains.

* Je souhaite aussi qu’en 2020 la RP participe davantage au débat d’idées, en coopération avec les instituts français à Rome, à la fois Institut français Italie et Centre Saint Louis. Je salue leur rôle et leur rayonnement en matière culturelle mais aussi pour promouvoir les débats sur les enjeux globaux. Je signale à ce titre la richesse des évènements organisés lors la nuit des idées le 30 janvier au Mattatoio sur le thème « Etre vivant ».

* De façon générale, je veux vous assurer de notre volonté inébranlable de continuer à plaider en 2020 pour un investissement renforcé de la France dans les institutions des Nations unies à Rome, dans contexte où l’aide publique au développement et aide humanitaire française vont augmenter.

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Bien sûr, toutes ces activités que nous menons, c’est le fruit de l’équipe de la Représentation permanente, autour de Jérôme Audin, Représentant Permanent Adjoint, et Delphine Babin-Pelliard, conseillère agricole et sécurité alimentaire. J’en profite pour remercier aussi tous les agents de l’ambassade bilatérale qui nous aident à accomplir notre mission, et saluer aussi le rôle de Laura Torrebruno pour le suivi du FIDA et Antoine Erhel sur les questions agricoles.

Notre mission est de soutenir la présence française dans vos organisations. Nous sommes là aussi pour vous écouter et vous aider le cas échéant. N’hésitez pas à venir nous voir et nous solliciter.

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Je voudrais enfin saisir cette occasion pour vous féliciter et vous remercier pour votre engagement, que je sais très fort. Pour votre action au service d’un mandat si essentiel pour le développement et la stabilité dans le monde, pour le bien être de ces populations dont tant sont démunies, souffrent de la faim et de malnutrition, de conflits et d’insécurité.

Je finis par ce qui est l’objet premier de cette réception : vous adresser, en mon nom et au nom de toute l’équipe de la RP, tous mes vœux à vous et à vos familles. Vœux de bonheur et de réussite personnelle, vœux de réussite professionnelle car votre réussite en tant qu’acteurs du système des Nations unies sera aussi la nôtre.

Dernière modification : 04/02/2020

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