Déclarations de la France lors de la session d’ouverture de la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du PAM (13-16 novembre 2017)

Discours prononcé par Delphine Borione, Ambassadrice et Représentante permanente de la France auprès des institutions des Nations unies à Rome.

PAM-CA2-13 au 16 nov 2017- Ambassadrice Delphine Borione - JPEG

Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur exécutif,
Madame la Vice-Secrétaire générale,
Madame la Ministre,
Mesdames et Messieurs,

2017 se présente comme une année des records, une année de tristes records avec le nombre sans précédent de situations d’urgence humanitaires simultanées auxquelles le PAM est actuellement confronté. Je voudrais ici saluer la mobilisation sans faille du PAM et en particulier de ses équipes sur le terrain dans la réponse à ces crises ; je voudrais également saluer les efforts faits pour que certaines crises, moins médiatiques, en particulier en Afrique, ne soient pas oubliées. Dans ce contexte difficile, la politique en matière de préparation aux situations d’urgence qui est présentée à cette session pour adoption devrait permettre au PAM d’améliorer encore sa capacité à faire face efficacement et rapidement.

2017 est aussi, une année de records, positifs cette fois, en termes de mobilisation des ressources. La France se félicite de l’action du PAM dans ce domaine qui est aussi un signe de la confiance que les donateurs placent dans cette agence. Je voudrais saisir cette occasion pour annoncer une nouvelle contribution de la France au PAM, notamment au bénéfice de réfugiés (réfugiés syriens, réfugiés de la République démocratique du Congo). Je voudrais également souligner la décision prise par la France de rejoindre le Grand Bargain, manifestant ainsi son engagement sur les grands enjeux humanitaires. Une des thématiques sur lesquelles la France souhaite particulièrement s’impliquer est celui du renforcement du nexus humanitaire-développement.

La multiplication des situations d’urgence, qui pour un grand nombre trouvent leur origine dans un conflit, la persistance, notamment au Sahel, d’une insécurité alimentaire chronique, et l’impact du changement climatique, priorité absolue pour la France, qui aggrave encore les vulnérabilités, démontrent la nécessité d’une réponse globale et repensée pour qu’elle puisse être durable. En parallèle de la réponse humanitaire d’urgence, il faut s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité alimentaire, en investissant dans la prévention et dans le renforcement de la résilience des populations. Avec la feuille de route intégrée, le PAM s’est précisément engagé dans cette voie, dans une perspective de plus long terme et dans une logique de « délivrer » sur l’agenda 2030. Nous nous félicitons des pas déjà accomplis dans l’opérationnalisation de la réforme et du soin particulier du PAM à la prise en compte des leçons tirées de cette première année d’expérimentation. Nous appuyons aussi votre engagement très concret, M. le Directeur exécutif, en faveur de l’autonomisation des femmes et de la parité.

Une action repensée et globale implique aussi une meilleure coopération sur le terrain entre les acteurs humanitaires et les acteurs du développement pour élaborer des réponses concertées évitant les doublons. A cet égard, nous apprécions particulièrement l’accent mis dans les plans stratégiques pays sur les partenariats avec d’autres acteurs, en particulier du système de développement des Nations unies. Je veux aussi saluer les progrès accomplis ces derniers mois dans la collaboration entre les agences romaines tels qu’ils sont reflétés dans le 1er rapport conjoint et votre engagement personnel, Monsieur le Directeur, dans la réussite de cette collaboration. S’agissant des partenariats, permettez-moi aussi de parler du secteur de la recherche qui a tout à apporter, étant engagés en ce sens.

La France soutient pleinement la réforme des Nations Unies menée par le Secrétaire général pour une organisation : plus efficace dans son action, plus transparente dans sa gestion et plus réactive dans ses réponses aux crises. Comme l’a indiqué la Vice-Secrétaire générale, parmi les objectifs principaux de la réforme du système de développement des Nations unies figurent la volonté de créer une culture des résultats autour de l’agenda 2030 et d’améliorer la coordination entre agences. Sur ces deux points, le PAM nous paraît pleinement en phase et les réussites et les leçons tirées de la collaboration entre agences romaines une source utile d’enseignements voire même d’inspiration.
Je vous remercie.

Dernière modification : 02/02/2018

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