Déclaration prononcée par l’Ambassadrice Delphine Borione à l’ouverture de la session annuelle du Conseil d’administration du PAM-Rome, 10 juin 2019

Session annuelle du Conseil d’administration du PAM (Rome, 10-14 juin 2019)
Déclaration de la France pour la session d’ouverture

Merci Monsieur le Président,

Ce matin, Monsieur le Directeur exécutif, vous avez souligné à quel point le PAM avait dû intensifier sa réponse d’urgence avec l’activation d’un nombre sans précédent d’urgences L2 et L3. Vous avez utilisé une métaphore pour souligner l’ampleur du défi : « tous les camions de pompier ont quitté la caserne ».
Cette métaphore m’a fait penser à la formule qu’avait eue le Président Jacques Chirac lors du Sommet de la terre à Johannesburg en 2002 à propos du changement climatique : «  Notre maison brûle et nous regardons ailleurs  ». Et je me suis demandé si ce double constat un peu amer avait aujourd’hui une certaine résonance pour la sécurité alimentaire.

La faim est repartie à la hausse ces dernières années, du fait principalement des conflits et du changement climatique. Et le dernier rapport mondial sur les crises alimentaires, malgré une légère baisse du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë, fait clairement ressortir que les chiffres restent très élevés, trop élevés.

Faut-il pour autant en déduire, avec fatalisme, que c’est parce que nous regardons ailleurs ? Je crois que, même si nous faisons le constat que la mise en œuvre de l’ODD 2 n’est pas sur la bonne voie, au moins cinq éléments incitent à une lecture un peu plus optimiste ou, en tout cas, doivent nous inciter à redoubler d’efforts.
1er élément : un plaidoyer qui commence à porter. Et je voudrais saluer ici vos efforts inlassables, Monsieur le Directeur, pour sensibiliser, partout dans le monde, aux enjeux de la lutte contre la faim, y compris aux crises alimentaires oubliées. A cet égard, la France sera heureuse de vous accueillir le 4 juillet à Paris, à l’occasion de la réunion ministérielle du G7 développement.

2e élément : nous avons les solutions. Il faut agir à travers l’ensemble des liens entre l’humanitaire, le développement et la paix pour renforcer la résilience des populations touchées et vulnérables. Pour sauver des vies et éradiquer la faim, il faut aussi changer les vies en s’attaquant aux causes profondes - les conflits, l’instabilité, l’impact du changement climatique - et en agissant au niveau des moyens de subsistance des populations. C’est toute l’ambition du plan stratégique du PAM. C’est l’intérêt aussi d’une collaboration renforcée avec les autres acteurs des Nations unies, en particulier les autres agences romaines, concernant les politiques agricoles et alimentaires, et tenant compte des mandats et des avantages comparatifs de chacun. Les solutions sont aussi dans l’innovation et je voudrais féliciter le PAM pour son rôle proactif.

3e élément : les ressources. Le rapport annuel de performance présenté à cette session souligne le niveau sans précédent des ressources mobilisées par le PAM et c’est aussi grâce à vous Monsieur le Directeur. Un certain nombre de donateurs, y compris l’Union européenne, ont accru de façon importante leur appui financier. La France a pris l’engagement d’accroître progressivement son aide humanitaire pour la porter de 100 à 500M€ d’ici 2022 avec une augmentation en particulier de son assistance alimentaire. Cette augmentation de l’assistance alimentaire bénéficiera à l’action du PAM dès cette année.

4e élément : les résultats. Les différents rapports et évaluations que nous examinerons lors de cette session démontrent que les résultats de l’action du PAM sont au rendez-vous. La France félicite le PAM et nous saluons notamment l’amélioration de la performance sur les enjeux transversaux comme l’environnement, la protection, la responsabilité et la redevabilité envers les populations, le genre. Et vous savez le prix qu’attache mon pay à cette dernière question.

5e élément : la mobilisation politique. Nous voyons les signes de cette mobilisation. Les débats du G7 en est un. L’adoption l’an dernier de la résolution 2417 sur les liens entre faim et conflit par le Conseil de sécurité, à l’initiative des Pays-Bas, en a été un autre. La présentation par la France et par l’UE de la candidature de Catherine Geslain-Laneelle à la direction générale de la FAO s’inscrit également dans cette démarche : une mobilisation forte pour lutter contre la faim et construire la sécurité alimentaire dont notre monde a besoin : la France et l’ensemble de l’Union européenne ne regardent pas ailleurs. La mobilisation des Etats membres le montre aussi. Ensemble nous soutenons votre action pour « sauver les vies, changer les vies »
Je vous remercie.

Photo de Logo : copyrights RP/OAA

Dernière modification : 10/06/2019

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