Déclaration de la France à la 40ème session du Conseil des gouverneurs du FIDA (14-15 février 2017)

Déclaration de M. Guillaume Chabert,Gouverneur pour la France au 40ème Conseil des Gouverneurs du FIDA

Une période cruciale s’ouvre devant nous. Nous faisons aujourd’hui face à un défi majeur, qui est non seulement de préserver les progrès obtenus depuis plusieurs décennies en matière de développement et de lutte contre la pauvreté mais également d’aller au-delà promouvant un développement qui soit réellement durable.

En 2015, la communauté internationale a démontré qu’elle était prête à assumer ses responsabilités : à Addis-Abeba, en juillet, avec la conférence sur le financement du développement, à New York, en septembre, par l’adoption d’un Agenda 2030 pour le développement durable, endossé par les chefs d’Etat ou de gouvernement du monde entier, et à Paris, en décembre, par la conclusion d’un Accord ambitieux sur le climat. Aujourd’hui, plus que jamais, dans un contexte mondial incertain, le multilatéralisme et la coordination internationale doivent être au coeur des réponses et les solutions doivent être collectives.

Le FIDA est un bel exemple de succès du multilatéralisme et il est emblématique d’une aide au développement efficace et concentrée sur les pays et les populations qui en ont le plus besoin. Je tiens ici à saluer le travail des équipes du Fonds et tout particulièrement l’action du Président Nwanze, qui a su, ces huit dernières années, démontrer sur le terrain toute la valeur ajoutée du FIDA, par son action résolue contre la pauvreté et la faim dans les zones rurales. Au cours de ses deux mandats à la tête du FIDA, le Président Nwanze a porté des priorités chères à la France : le soutien aux petits agriculteurs, en particulier aux jeunes et aux femmes, le climat avec son intégration transversale dans les opérations du FIDA, une prise en compte renforcée des enjeux nutritionnels, la promotion de l’égalité de sexes et de l’autonomisation des femmes, l’importance du dialogue avec les autres partenaires, l’élaboration d’une stratégie spécifique visant les Etats fragiles. Il a su également ouvrir des chantiers essentiels pour l’avenir de l’institution avec, en particulier, la possibilité pour le Fonds de mobiliser de nouvelles sources de financement comme l’emprunt auprès d’acteurs souverains. Je souhaite également mentionner deux initiatives concrètes qui sont à l’actif du Président : la plateforme PARM et le programme ASAP. Pour toutes ces avancées je veux remercier chaleureusement le Président Nwanze.

Cette année est marquée par deux grands événements pour le FIDA : la préparation de la 11ème reconstitution des ressources du Fonds et l’élection d’un nouveau Président.

Les reconstitutions sont toujours l’occasion d’une réflexion en profondeur sur les grandes orientations du Fonds, ses modalités d’intervention, sa gouvernance. Le FIDA sait qu’il doit adapter son modèle et innover pour affronter les nouveaux défis qui se présentent à nous et participer pleinement à la réalisation des objectifs que nous nous sommes collectivement fixés à l’horizon 2030. Le Fonds sait aussi qu’il se doit de maximiser l’effet de levier de ses interventions, notamment en renforçant ses partenariats avec les autres bailleurs mais également avec les organisations paysannes, les organisations non-gouvernementales ou encore le secteur privé. La diversification de ses sources de financement, ébauchée avec l’ouverture aux emprunts souverains et qui pourrait s’étendre à terme au recours aux ressources de marchés, devrait faciliter l’atteinte de ces objectifs. L’aboutissement des discussions entre le FIDA et l’Agence française de développement (AFD) pour la réalisation d’un prêt de 200 millions d’euros au FIDA illustre l’engagement de la France à accompagner le Fonds dans cette transformation.

J’insiste une nouvelle fois sur l’importance que la France attache à ce que les programmes du FIDA continuent de bénéficier en priorité aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables. La solidarité doit rester le principe central du fonctionnement du Fonds. Certains pays bénéficiaires du FIDA occupent une place grandissante dans l’économie mondiale et je salue la part croissante qu’ils prennent également dans les reconstitutions. En parallèle, nous devons lancer une vraie réflexion sur les conditions tarifaires pratiquées par le FIDA. Le Fonds doit pouvoir davantage différencier les niveaux de concessionnalité en fonction du niveau de revenu des bénéficiaires, ceci afin de concentrer les ressources les plus concessionnelles sur les pays qui en ont le plus besoin. Il nous semble que c’est une nécessité, à la fois en termes d’équité et en termes d’efficacité.

Je saisis cette opportunité pour présenter mes plus vives félicitations à M. Gilbert Fossoun Houngbo, élu par le Conseil des Gouverneurs pour devenir le prochain Président du FIDA. La vision qu’il a développée dans son programme pour l’avenir du Fonds répond à notre souhait collectif que le FIDA soit une institution toujours plus reconnue, innovante et efficace. Le FIDA doit concentrer son action là où elle fait la différence et asseoir son positionnement parmi les institutions de développement à la fois comme chef de file en matière d’éradication de la pauvreté rurale et de précurseur dans les zones les plus reculées, afin d’y attirer des partenaires pour assurer un développement et une transformation rurale durables. Je suis convaincu que les priorités portées par la France, telles que le renforcement de la lutte contre les changements climatiques, continueront d’être pleinement prises en compte pendant le mandat de M. Houngbo.

Pour conclure, je souhaite renouveler toute notre confiance en la capacité du FIDA à participer pleinement à un agenda international de l’aide ambitieux dans le cadre d’un multilatéralisme juste et efficace au service des populations rurales les plus pauvres.

Je vous remercie.

Dernière modification : 02/08/2017

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