Aide humanitaire

L’aide humanitaire vise à assurer l’assistance et la protection des personnes vulnérables et à répondre aux besoins fondamentaux (nourriture, eau, assainissement, abris, soins médicaux, etc.) des populations affectées par une catastrophe naturelle ou un conflit. Parmi ces besoins, l’accès à la nourriture et à l’eau occupe une place fondamentale et revêt souvent un caractère d’urgence vitale.

L’aide humanitaire internationale complète celle apportée par les autorités du pays affecté, premières responsables des secours à leurs populations. Elle s’inscrit dans l’ensemble plus vaste de l’assistance fournie par la communauté internationale, et est le fait d’une diversité croissante d’acteurs (Etats, ONG, fondations, entreprises), dont en premier lieu des organisations internationales. Parmi celles-ci, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (OAA / FAO), deux institutions du système des Nations unies qui ont leur siège à Rome, ont pour mission respectivement de fournir une assistance alimentaire aux populations en situation d’urgence et de restaurer les conditions de la production agricole.

Une nouvelle approche de l’aide humanitaire : la répartition en « clusters

La nature des crises humanitaires liées aux conflits ou aux catastrophes naturelles exige la mise en place d’une approche multisectorielle de l’intervention humanitaire. Afin de faciliter ces interventions une réforme de l’intervention humanitaire initiée en 2005 a permis la création de l’intervention sectorielle. Dans un objectif d’efficacité et de réduction des « doublons » de l’action humanitaire, les agences internationales et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) interviennent désormais au sein de groupes sectoriels, appelés clusters. Ces groupes coordonnent ainsi l’action humanitaire sur le terrain, et sont dirigés par des agences désignées comme chefs de file.

Cette organisation de la réponse humanitaire sectorielle facilite grandement les réponses d’urgence et de développement mises en place dans les secteurs de l’assistance alimentaire et du développement agricole.

En ce qui concerne la FAO, la mise en place d’un cluster dédié à la sécurité alimentaire ou à l’agriculture lui permet notamment :
-  De faire valoir son expertise dans les domaines de la nutrition et de l’agriculture auprès d’autres agences internationales ou d’ONG.
-  De mettre l’accent sur le fait que la petite agriculture, tels que les jardins potagers ou l’élevage de petits animaux, peut également s’avérer importante pour des ménages traditionnellement considérés comme n’ayant pas d’activité agricole.

La mise en place des clusters et le choix de leurs chefs de file est propre à chaque pays et à chaque crise humanitaire. La FAO prend ainsi part à de nombreux clusters, notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, du développement agricole, ou des moyens de subsistance, et a été à de multiples reprises chef de file de ces clusters, ou co-chef de file avec le PAM – notamment dans le cluster sur la sécurité alimentaire.

En ce qui concerne le PAM, du fait de ses mandats et de son expertise dans les domaines de l’intervention d’urgence et de l’assistance alimentaire, il se positionne également comme un chef de file incontournable, et est régulièrement appelé à diriger les clusters « logistique » et « télécommunications ». La volonté du PAM de miser sur les nouvelles technologies et de mettre l’innovation au cœur de ses interventions d’urgence lui permet d’assumer une position de leader dans l’action humanitaire internationale.

Le PAM : première agence d’assistance alimentaire mondiale

Aide humanitaire française du PAM - PNG

Aujourd’hui, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est considéré comme une agence internationale humanitaire incontournable, premier acteur humanitaire mondial de lutte contre la faim. Le PAM intervient chaque année dans près de 80 pays et fournit une aide humanitaire de court ou long terme à plus de 80 millions de personnes. Les objectifs du PAM et de son aide humanitaire se distinguent en deux catégories :
-  L’aide alimentaire d’urgence
-  L’amélioration de la nutrition et le renforcement de la résilience

Alors que la communauté internationale vise à atteindre l’objectif « Faim Zéro » d’ici à 2030, 821 millions de personnes dans le monde ne mangent toujours pas à leur faim, notamment du fait de l’impact des conflits et des changements climatiques.
Pour sa part, le PAM envoie chaque jour 5 000 camions, 20 navires et 92 avions sur le terrain dans l’objectif de fournir rapidement une assistance alimentaire aux plus démunis, en particulier dans les situations d’urgence humanitaire.

Une réforme récente du PAM a initié une transformation de la structuration de ses interventions sur le terrain. Jusqu’ici, les opérations d’urgence, les interventions prolongées de secours et de redressement, et les programmes de développement constituaient les trois types d’opérations du PAM sur le terrain. Dans un objectif d’amélioration de son action et dans une logique de renforcement du continuum humanitaire-développement, le PAM a réformé ses interventions en mettant en place des « plans stratégiques de pays », afin de combiner aide d’urgence et aide au développement, dans une optique de renforcement de la résilience face aux crises et de cohérence des actions dans un pays.

Lisez notre Présentation du PAM

La transition vers l’assistance alimentaire et la révision de la Convention de Londres

Partant du constat qu’un soudain afflux d’aide alimentaire dans les pays bénéficiaires pouvait avoir des conséquences déstabilisatrices sur les prix des denrées dans ces pays et décourager la production agricole locale, l’aide alimentaire internationale a depuis une dizaine d’années fait évoluer ses pratiques et diversifié ses modes d’intervention. Plutôt que des dons d’excédents agricoles aux pays pauvres, les bailleurs humanitaires privilégient désormais le versement d’une assistance financière destinée à acheter des denrées au plan local, lorsque celles-ci sont disponibles. C’est ce qu’on appelle la transition de l’aide vers l’assistance alimentaire, jugée plus soutenable et plus conforme à la dignité des bénéficiaires.

Au niveau des opérations, cette approche entraîne une diversification et une sophistication croissante des modalités d’intervention. Ainsi, suivant les contextes d’intervention (et notamment l’existence ou non, dans un pays en crise, de marchés alimentaires approvisionnés et d’opérateurs financiers performants), les agences humanitaires ont le choix de verser aux bénéficiaires une assistance financière (sous forme d’argent ou de bons alimentaires à échanger), ou de recourir à une aide alimentaire en nature (distribution directe de nourriture et/ou de produits spécialisés à haute valeur nutritionnelle destinés à prévenir ou guérir la malnutrition). Cette assistance peut être conditionnée (à la scolarisation ou la vaccination des enfants, à la réalisation de travaux publics, au suivi d’une formation, etc.). Elle peut aussi être délivrée dans le cadre de systèmes de protection sociale.

Cette nouvelle approche a été entérinée par la communauté internationale dans la Convention internationale révisée relative à l’assistance alimentaire, dite Convention de Londres (redirection vers un site extérieur). Entrée en vigueur depuis janvier 2013, elle remplace l’ancienne Convention sur l’aide alimentaire qui datait de 1967. Dans la nouvelle convention, les Etats parties s’engagent à verser des montants financiers, et non plus, comme précédemment, des volumes (en tonnes de nourriture) d’aide alimentaire. Ils s’engagent aussi à garantir la qualité et l’efficience de cette aide et à partager et à communiquer des données sur leur aide. Ainsi, tout en répondant aux urgences, la Convention entend contribuer à l’amélioration à long terme de la sécurité alimentaire en favorisant les achats locaux de nourriture dans les pays en voie de développement. La France a ratifié la Convention de Londres en juin 2017

L’action Humanitaire Française

L’aide humanitaire française est mise en œuvre par le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, notamment à travers son Centre de Crise et de soutien (CDCS),qui entretient partout dans le monde un réseau de correspondants humanitaires dans chacune de ses ambassades. Ces derniers sont chargés des relations avec la communauté humanitaire (ONG, organisations internationales, autres bailleurs, bénéficiaires, autorités locales). La France est également adhérente de l’initiative Good Humanitarian Donorship (GHD) (redirection vers un site extérieur), lancée en 2003 par un groupe de bailleurs humanitaires entendant impulser des bonnes pratiques. La France se mobilise particulièrement, au Conseil de sécurité des Nations unies et dans ses relations avec les autres pays, pour faire respecter l’accès en toute sécurité et sans entrave des travailleurs humanitaires aux populations en besoin d’assistance et, plus largement, pour améliorer les interventions de la Communauté internationale face aux crises humanitaires partout dans le monde.

La France par ailleurs rejoint fin 2017 l’initiative du « Grand Bargain », inscrivant ainsi son aide humanitaire dans une approche plus globale des crises. Le Grand Bargain, ou Grande Négociation, a été créé suite au Sommet mondial sur l’action humanitaire à Istanbul en mai 2016. Cette initiative est née du constat des écarts croissants entre besoins en aide humanitaire et disponibilité des ressources matérielles et financières. Le Grand Bargain regroupe une multitude de partenaires (Etats membres, ONG, agences internationales, fondations) et vise à :

-  Augmenter les financements humanitaires pluriannuels
-  Mieux coordonner les opérations humanitaires réalisées par les différents acteurs à différente échelle
-  Mettre l’action sur une participation des acteurs locaux afin de promouvoir la logique humanitaire-développement

Dans ce contexte, la 4ème conférence nationale humanitaire (redirection vers le site France diplomatie) s’est tenue à Paris en mars 2018. A cette occasion, le Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères a présenté aux acteurs humanitaires (ONG, agences nationales et internationales) la nouvelle Stratégie Humanitaire de la France 2018-2022, marquée par un renforcement de ses engagements, à la fois au niveau des principes qu’elle entend promouvoir et respecter et au niveau financier.

Stratégie Humanitaire de la France 2018-2022

L’action humanitaire vise à préserver la vie et la dignité des populations touchées, tout en répondant à leurs besoins fondamentaux, dont l’accès à la nourriture fait partie. L’action humanitaire est également un pilier de la politique étrangère de la France, traduisant son attachement à la solidarité à l’égard des populations les plus vulnérables.

La hausse – autant dans leur nombre que dans leur durée – des crises humanitaires, liées aux conflits ou aux catastrophes naturelles, nécessite davantage de réactivité et d’efficacité de l’aide humanitaire.

La nouvelle Stratégie Humanitaire 2018-2022 vient remplacer la stratégie 2012-2017. Afin de répondre à la multiplication des crises humanitaires, l’allongement de leur durée et leur caractère plus complexe, l’objectif de la France est de multiplier par trois son engagement financier, pour atteindre 500 millions d’euros d’ici à 2022.

Téléchargez la nouvelle stratégie humanitaire 2018-2022 :

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Cette nouvelle stratégie inclut par ailleurs quinze engagements concrets :

1. Bâtir une coalition d’États solide pour renforcer la protection des personnels humanitaires et médicaux dans les conflits.

2. Promouvoir la protection des enfants dans les conflits armés.

3. Poursuivre son engagement dans le cadre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » en appuyant des actions prévoyant une aide spécifique aux femmes et aux filles et qui favorisent leur réintégration et leur autonomisation, notamment par le soutien à des activités génératrices de revenus.

4. Continuer à participer au processus intergouvernemental engagé après la 32e Conférence du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, afin de trouver un accord sur un potentiel forum des États destiné à renforcer le respect du droit international humanitaire en créant un espace de dialogue.

5. Poursuivre ses efforts pour rallier le plus grand nombre de soutiens à son objectif d’encadrer le veto en cas d’atrocités de masse, y compris auprès des membres permanents du Conseil de sécurité.

6. Rester mobilisé au service de la lutte contre l’impunité, notamment s’agissant des violations du Droit International Humanitaire (DIH) dans les conflits, en particulier au Moyen-Orient.

7. Agir auprès de ses partenaires et au sein des enceintes concernées pour contribuer à la pleine application du DIH dans le cyberespace.

8. Développer un dialogue humanitaire constructif et exigeant par des consultations régulières avec ses principaux partenaires, qu’ils soient parties à un conflit ou acteurs émergents sur la scène humanitaire, pour permettre la promotion du respect du DIH et engager de possibles coopérations.

9. Poursuivre ses efforts pour la diffusion du DIH auprès de ses forces armées et à l’étranger. Elle poursuivra la mise en œuvre de ses pratiques opérationnelles pour la protection des civils sur les théâtres d’opérations extérieures.

10. Devenir l’un des trois premiers bailleurs européens et l’un des cinq premiers bailleurs mondiaux pour l’action humanitaire en portant à 500 millions d’euros l’ensemble de ses contributions.

11. Elaborer une nouvelle méthodologie et un outil de suivi des financements humanitaires simplifié, plus accessible et commun à l’ensemble des services concernés.

12. Adopter dès 2018 le projet pilote d’harmonisation et de simplification des exigences de suivi proposé dans le cadre du « Grand Bargain » pour l’ensemble de ses guichets de financement de l’action humanitaire bilatérale.

13. Elaborer dès la phase de réponse d’urgence, là où le contexte et la nature de la crise le justifient, une stratégie à long terme, à même de répondre au défi de la sortie de crise et du redressement, co-construite par l’État et l’ensemble des acteurs de la réponse humanitaire et de développement.

14. Appliquer le marqueur « genre » de l’OCDE sur l’ensemble de ses projets humanitaires bilatéraux et continuer à plaider pour sa prise en compte par les agences, fonds et programmes onusiens et européens.

15. Se doter d’un mécanisme de renforcement des capacités des acteurs locaux permettant à chaque projet d’ONG financé par le Fonds d’urgence humanitaire de disposer d’une somme pour renforcer les capacités de leurs partenaires locaux, et augmenter ses financements à destination des acteurs locaux. Elle mettra en place un marqueur permettant de mesurer le degré de localisation de son action humanitaire.

Dans un contexte où la faim est parfois utilisée dans les conflits comme arme de guerre, la stratégie rappelle enfin l’attachement de la France aux dispositions du droit international humanitaire et à leur application.

L’assistance alimentaire française

L’assistance alimentaire programmée (AAP) française représente chaque année environ 35 millions d’euros. Elle est allouée par le biais d’un comité interministériel (Comité interministériel de l’aide alimentaire, CIAA), qui examine les demandes de subventions qui émanent des organisations internationales, du mouvement de la Croix Rouge ou des ONG. Ce budget peut être complété, en tant que de besoin, selon la survenue et la nature des crises, par d’autres fonds d’urgence ou des contributions exceptionnelles aux organisations internationales. Conformément à nos engagements en tant que signataire de la Convention de Londres, l’aide alimentaire française promeut l’utilisation d’instruments diversifiés : aide alimentaire en nature, mais aussi transferts d’argent, coupons, produits nutritionnels spécifiques, appui aux moyens d’existence, distribution d’outils, de semences, interventions vétérinaires. Le PAM et la FAO comptent parmi les principaux bénéficiaires de l’assistance alimentaire programmée de la France.

Visite de l'école avec Marcel Escure, ambassadeur de la France au Niger - JPEG

Dans le cadre de son aide alimentaire programmée, la France soutient également des projets visant à renforcer la résilience des populations ; c’est notamment le cas d’un programme conjoint PAM-FAO-UNICEF dans les communes de convergence au Niger (redirection vers le site du PAM) que la France a financé sur plusieurs années.

Dernière modification : 26/09/2018

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