Aide humanitaire

Aide humanitaire française du PAM - PNG

L’aide humanitaire internationale vise à assurer l’assistance et la protection des personnes vulnérables et à répondre aux besoins fondamentaux (eau, assainissement, nourriture, abris, soins médicaux, etc.) des populations affectées par une catastrophe naturelle ou un conflit. Parmi ces besoins, l’accès à la nourriture et à l’eau occupent une place fondamentale et revêtent souvent un caractère d’urgence vitale.

L’aide humanitaire internationale complète celle apportée par les autorités du pays affecté, premières responsables des secours à leurs populations. Elle s’inscrit dans l’ensemble plus vaste de l’assistance fournie par la communauté internationale, et est le fait d’une diversité croissante d’acteurs (Etats, ONG, fondations, entreprises), dont en premier lieu des organisations internationales. Parmi celles-ci, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (OAA / FAO), deux institutions du système des Nations unies qui ont leur siège à Rome, ont pour mission respectivement de fournir une assistance alimentaire aux populations en situation d’urgence et de restaurer les conditions de la production agricole.

Lutter contre la famine et la malnutrition : la gestion des crises alimentaires

Malgré les progrès accomplis depuis les 25 dernières années, selon les dernières estimations des agences des Nations unies à Rome, 795 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, soit 11% de la population mondiale. 98% d’entre elles vivent dans des pays en développement, où la sous-nutrition touche 13% de la population. En outre, 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année des suites de la malnutrition, qui est responsable de 45% des décès d’enfants dans le monde. 161 millions d’autres sont affectés par un retard de croissance du à la malnutrition chronique, avec des conséquences irréversibles pour leur développement physique et cognitif.

Un cinquième de ces affamés, soit environ 150 millions de personnes, se concentre dans des pays en crise, caractérisés par une faible gouvernance et une vulnérabilité aigüe à la mort et à la maladie. Ces crises, d’origine diverse (conflit, catastrophe naturelle, choc économique, social ou politique) aboutissent souvent à des crises alimentaires, soit une situation de pénurie pouvant conduire à la famine. L’insécurité alimentaire, en retour, peut contribuer à entretenir des crises (politiques, économiques, environnementales, etc.) et créer des tensions et des déstabilisations intenables à l’intérieur d’un pays ou d’une région.

Lutter contre la famine et la malnutrition est avant tout un devoir d’humanité. Mais l’aide alimentaire internationale peut aussi contribuer à la stabilisation politique et au développement, comme l’a compris le Secrétaire général des Nations unies, BAN Ki-Moon, qui a assigné pour objectif au système des Nations unies de parvenir à l’éradication de la faim de notre vivant. C’est le « défi Faim zéro ».

La transition vers l’assistance alimentaire et la révision de la Convention de Londres

Partant du constat qu’un soudain afflux d’aide alimentaire dans les pays bénéficiaires peut avoir des conséquences déstabilisatrices sur les prix des denrées dans ces pays et décourager la production agricole locale, l’aide alimentaire internationale a depuis une dizaine d’années fait évoluer ses pratiques et diversifié ses modes d’intervention. Plutôt que des dons d’excédents agricoles aux pays pauvres, les bailleurs humanitaires privilégient désormais le versement d’une assistance financière destinée à acheter des denrées au plan local, lorsque celles-ci sont disponibles. C’est ce qu’on appelle la transition de l’aide vers l’assistance alimentaire, jugée plus soutenable et plus conforme à la dignité des bénéficiaires.

Au niveau des opérations, cette approche entraîne une diversification et une sophistication croissante des modalités d’intervention. Ainsi, suivant les contextes d’intervention (et notamment l’existence ou non, dans un pays en crise, de marchés alimentaires approvisionnés et d’opérateurs financiers performants), les agences humanitaires ont le choix de verser aux bénéficiaires une assistance financière (sous forme d’argent ou de bons alimentaires à échanger), ou de recourir à une aide alimentaire en nature (distribution directe de nourriture et/ou de produits spécialisés à haute valeur nutritionnelle destinés à prévenir ou guérir la malnutrition). Cette assistance peut être conditionnée (à la scolarisation ou la vaccination des enfants, à la réalisation de travaux publics, au suivi d’une formation, etc.). Elle peut aussi être délivrée dans le cadre de systèmes de protection sociale.

Cette nouvelle approche est entérinée par la communauté internationale dans la Convention internationale révisée relative à l’assistance alimentaire, dite Convention de Londres. Entrée en vigueur depuis janvier 2013, elle remplace l’ancienne Convention sur l’aide alimentaire qui datait de 1967. Dans la nouvelle convention, les Etats parties s’engagent à verser des montants financiers, et non plus, comme précédemment, des volumes (en tonnes de nourriture) d’aide alimentaire. Ils s’engagent aussi à garantir la qualité et l’efficience de cette aide et à partager et à communiquer des données sur leur aide. Ainsi, tout en répondant aux urgences, la Convention entend contribuer à l’amélioration à long terme de la sécurité alimentaire en favorisant les achats de nourriture dans les pays en voie de développement. Le processus de ratification français est en cours.

Dès le 10 mai 2010, le Conseil de l’Union européenne (UE) a adopté des conclusions sur l’assistance humanitaire alimentaire, qui préconisent le passage à l’assistance alimentaire et encouragent les Etats membres à l’appliquer dans leur aide bilatérale. L’UE, qui a joué un rôle majeur dans la révision de la Convention de Londres, préside aujourd’hui son secrétariat.

L’aide humanitaire française dans le secteur de la sécurité alimentaire et de la nutrition

La France, acteur humanitaire

L’action humanitaire française est guidée par la stratégie humanitaire de la République française 2012-2017, qui rappelle l’attachement de notre pays au respect du droit international humanitaire et aux principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance de l’aide. La stratégie définit trois axes : répondre en donnant la priorité aux urgences critiques ; favoriser le continuum urgence / développement et renforcer les capacités locales ; dialoguer avec la société civile. Elle s’inscrit également dans le cadre du consensus européen humanitaire au sein de l’Union européenne. La France est adhérente de l’initiative Good Humanitarian Donorship (GHD), un groupe de bailleurs humanitaires qui entend impulser des bonnes pratiques.

L’aide humanitaire française est mise en œuvre par le Ministère des affaires étrangères et du développement international, qui entretient partout dans le monde un réseau de correspondants humanitaires dans chacune de ses ambassades. Ils sont chargés des relations avec la communauté humanitaire (ONG, organisations internationales, autres bailleurs, bénéficiaires, autorités locales).

La France se mobilise particulièrement, au Conseil de sécurité des Nations unies et dans ses relations avec les autres pays, pour faire respecter l’accès en toute sécurité et sans entrave des travailleurs humanitaires aux populations en besoin d’assistance. Le 31 mars 2014, le Ministre des affaires étrangères et du développement international, M. Laurent Fabius, a réuni les acteurs humanitaires français lors d’une Conférence nationale humanitaire, pour évoquer avec eux ces défis et l’avenir des organisations humanitaires françaises. La 3ème conférence nationale humanitaire se tiendra à Paris en février 2016, en préparation du Sommet humanitaire mondial d’Istanbul des 23-24 mai 2016.

L’assistance alimentaire française

L’assistance alimentaire programmée (AAP) française représente chaque année environ 35 millions d’Euros. Elle est allouée par le biais d’un comité interministériel (Comité interministériel de l’aide alimentaire, CIAA), qui examine les demandes de subventions qui émanent des organisations internationales, du mouvement de la Croix Rouge ou des ONG. Ce budget peut être complété, en tant que de besoin, selon la survenue et la nature des crises, par d’autres fonds d’urgence ou des contributions exceptionnelles aux organisations internationales. Le Programme alimentaire mondial est le principal canal de l’aide alimentaire française.

Conformément à nos engagements en tant que signataire de la Convention de Londres, l’aide alimentaire française promeut l’utilisation d’instruments diversifiés : aide alimentaire en nature, mais aussi transferts d’argent, coupons, produits nutritionnels spécifiques, appui aux moyens d’existence, distribution d’outils, de semences, interventions vétérinaires. En 2013, 73% de notre AAP ont été affectés à des programmes d’intervention directe sur la nutrition.

Dernière modification : 04/11/2015

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