Agriculture familiale

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Qu’est-ce-que l’agriculture familiale ?

L’agriculture familiale est l’une des formes d’agriculture les plus répandues dans le monde.

Elle se définit par un mode d’organisation dans lequel la production agricole, forestière, halieutique, pastorale et aquacole est gérée et exploitée par une famille et repose principalement sur la main-d’œuvre familiale. La famille et l’exploitation sont souvent liées, évoluent ensemble, et remplissent des fonctions économiques, environnementales, sociales et culturelles. Malgré une certaine diversité, la grande majorité des exploitations familiales dans le monde sont petites ou très petites.

Les agricultures familiales représentent 80 % de la production alimentaire mondiale en valeur et 40 % des actifs dans le monde. Elles jouent donc un rôle clé pour répondre au triple défi de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la pauvreté et de la durabilité des ressources.

Paradoxalement, la majorité (2/3) des personnes en situation d’insécurité alimentaire sont des paysans ou des ouvriers agricoles. En effet, les petits exploitants, notamment les femmes et les jeunes, font face à de nombreux obstacles ne leur permettant de développer tout leur potentiel. Ils se trouvent souvent en situation de pauvreté, font face à des niveaux de risques élevés, ont des difficultés à accéder aux terres, aux ressources naturelles (eau), aux facteurs de production (engrais, outils, technologies etc.), aux financements et aux marchés appropriés, disposent insuffisamment de mesures d’incitation dans leurs environnements institutionnels et économiques. Par ailleurs, les organisations de petits producteurs n’ont qu’une influence très faible dans les débats sur les politiques.

voir l’infographie agriculture familiale sur le site de l’Agence française de développement

L’appui aux agricultures familiales : une priorité de la France

Au plan national, la préservation du caractère familial de l’agriculture figure dans la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt d’octobre 2014. Elle prévoit un contrôle des structures renforcé pour limiter les agrandissements excessifs des exploitations et de nouvelles mesures en faveur de l’installation des jeunes agriculteurs. (en savoir plus sur les aides en France aux petites et moyennes exploitations)

Le soutien aux agricultures familiales est également une des priorités de l’aide publique au développement française, inscrite dans la Loi d’orientation et de programmation de la politique de développement et de solidarité adoptée en juillet 2014. Ainsi, le Cadre d’intervention sectoriel sur la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne de l’Agence française de développement reconnaît également l’agriculture familiale comme levier clé pour la sécurité alimentaire et s’engage à la soutenir via un doublement des financements d’ici 2016. (En savoir plus sur les programmes de l’AFD en faveur de l’agriculture familiale).

Au sein de la priorité donnée aux agricultures familiales dans sa politique de développement et de solidarité internationale, la France attache une importance particulière à la création d’opportunités pour la jeunesse en milieu rural. On sait en effet qu’en matière de lutte contre la pauvreté, la croissance de l’agriculture est en moyenne deux fois plus efficace que celle des autres secteurs, comme l’a indiqué la Banque Mondiale dans un rapport de 2008. Elle permet de réduire la pauvreté aussi bien directement, en augmentant les revenus des agriculteurs, qu’indirectement, grâce aux emplois créés dans le secteur agricole ou dans les filières. Dans les contextes de forte croissance démographique et d’alternatives d’emploi limitées, l’agriculture familiale peut jouer un rôle majeur dans l’insertion économique des jeunes actifs. C’est particulièrement le cas en Afrique subsaharienne, où l’évolution démographique spécifique cette région mettra d’ici 2030 sur le marché du travail 330 millions de jeunes actifs, que le développement plus lent du secteur manufacturier ne suffira pas à absorber, et où la population rurale continuera de croître au-delà de 2050. La stratégie jeunesse pour l’action extérieure de la France fait de l’appui à l’insertion de la jeunesse en milieu rural une priorité spécifique. L’Agence française de développement a consacré 120 millions € en 2014 à des composantes « pro-jeunes » dans ses programmes de coopération dans le secteur agricole.

Retrouvez la plaquette Promouvoir l’agriculture familiale pour résoudre les grands défis contemporains

Promouvoir l’agriculture familiale dans les débats internationaux

La France continue également de porter le thème de l’agriculture familiale dans les enceintes internationales, notamment dans le cadre du G20, du G7, et du Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

En 2014, la célébration de l’Année internationale de l’agriculture familiale a été l’occasion pour la France de se mobiliser, au plus haut niveau, en faveur de l’agriculture familiale. Cet engagement est illustré par des actions de la société civile, des organisations de producteurs et syndicats agricoles, du secteur privé, la mobilisation des centres de recherche et de toutes les administrations concernées.

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Au plan international, l’implication des décideurs politiques français est aboutie notamment à l’adoption le 25 février 2014 d’une déclaration de 40 ministres de l’agriculture en faveur de l’agriculture familiale.

Au sein du comité de pilotage de l’AIAF, la France a également milité avec succès, aux côtés des agences des Nations unies à Rome, en faveur d’une poursuite de la mobilisation internationale au-delà de 2014 (retrouver le bilan de l’année internationale de l’agriculture familiale)

La contribution de la recherche

La recherche agronomique française est engagée depuis de longues années dans la caractérisation et l’étude des agricultures familiales. Cette expertise est reconnue au plan international et par l’ONU à travers la participation de scientifiques français à la rédaction de rapports de référence tels que le rapport du Panel d’experts de haut niveau (HLPE) du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) sur les investissements en faveur des petits producteurs ou le rapport sur la pauvreté rurale du FIDA à paraitre en 2016.

Les Rencontres internationales « Agricultures familiales et recherche », organisées par Agropolis International, les Ministères français de l’Agriculture et des Affaires étrangères, le Forum mondial rural, le Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale et le Forum mondial pour la recherche agricole, ont réuni 250 participants du 1er au 3 juin 2014, à Montpellier.

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Dernière modification : 04/11/2015

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