Agriculture et environnement

JPEG - 1.1 Mo
campagne de reforestation financée par la France au Mont Wuchecha (Ethiopie)
© MAEDI / F. de La Mure

Réconcilier agriculture et environnement tout en produisant suffisamment pour une population mondiale croissante : les nombreux défis de l’agriculture durable

L’amélioration des performances de l’agriculture en l’espace de cinquante ans a entraîné une hausse de la productivité sans précédent. En France, les rendements à l’hectare ont été multipliés par 7 en moyenne pour le maïs, et par 4 pour le blé. Cela découle d’une combinaison entre spécialisation/ standardisation de la production, mécanisation, utilisation croissante d’intrants (semences, engrais, produits phytosanitaires). Cette évolution connaît cependant aujourd’hui ses limites : plafonnement des rendements, appauvrissement ou épuisement des ressources naturelles (phosphore, énergie, sols, biodiversité), dégradation des milieux et impact croissant du changement climatique.

L’agriculture doit se transformer afin de répondre à la fois à une demande alimentaire mondiale croissante (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que la production agricole devra augmenter de 60% d’ici à 2050 afin de nourrir plus de 9 milliards de personnes) et aux défis environnementaux qui affectent notre planète. Elle doit, par ailleurs, s’adapter aux risques engendrés par le changement climatique, qui affecte déjà les systèmes de production agricoles et la sécurité alimentaire et nutritionnelle des plus vulnérables, notamment en Afrique sub-saharienne (augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes climatiques, réduction des rendements agricoles, risques sanitaires et maladies plus nombreux, perte de revenus des exploitants agricoles, migrations…).

Cette transformation, si elle s’opère de façon raisonnée, pourrait présenter des bénéfices multiples, en termes de sécurité alimentaire et de nutrition, mais également d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (21% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde sont imputables aux secteurs agricole et forestier), d’adaptation et de renforcement de la résilience des populations rurales au changement climatique.

Il s’agit aujourd’hui de produire mieux avec moins, tout en protégeant les ressources naturelles.

L’investissement de la France dans la transformation de l’agriculture vers une agriculture plus durable et plus résiliente

a. vers une agriculture française plus durable : « verdissement » de la PAC et adoption de la loi d’avenir pour l’agriculture française

Mise en œuvre en 1962 pour répondre aux pénuries alimentaires de l’après-guerre, la Politique agricole commune européenne (PAC) a depuis connu certaines réorientations pour s’adapter aux nouveaux défis.
La dernière réforme de 2013 a ainsi marqué une plus importante prise en compte de l’environnement dans l’agriculture, avec l’instauration du « paiement vert ». Il s’agit d’un paiement direct aux exploitants agricoles qui entreprennent des actions spécifiques permettant d’améliorer la performance environnementale de l’agriculture, en termes de biodiversité, de protection de la ressource en eau et de lutte contre le changement climatique.
En France, le paiement vert représente 30% du total des paiements directs, soit 2,2 milliards d’euros par an. Il s’appuie sur trois conditions : l’entretien de prairies permanentes, l’allocation de 5% de l’exploitation en surface d’intérêt écologique et la diversité des assolements.

Par ailleurs, au niveau national, la France a adoptée en octobre 2014 la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Celle-ci permet la mise en œuvre concrète des approches de l’agro-écologie dans les exploitations agricoles françaises, avec pour objectif d’améliorer leur performance économique, environnementale et sociale. Retrouvez toutes les mesures de la loi d’avenir ici.

b. l’agriculture durable dans la coopération française pour le développement

Face aux nombreux défis auxquels l’agriculture est confrontée, et particulièrement pour améliorer la gestion des ressources (sols, forêts, eau, biodiversité, ressources génétiques, etc.), la France est convaincue de la nécessité d’améliorer les connaissances, de mettre à disposition et valoriser les résultats de la recherche mais également d’assurer une coordination régionale et internationale.

La promotion du développement durable dans les pays en développement est l’objectif général de la coopération française, (cf. art. 1 de la loi du 7 juillet 2014 d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale). C’est le dénominateur commun de toutes les actions opérationnelles entreprises par l’Agence française de développement (AFD) et un objectif central du contrat d’objectifs et de moyens passé par l’Etat avec cet opérateur. Ainsi, le cadre d’intervention sectoriel de l’AFD sur l’agriculture en Afrique subsaharienne fait de la gestion durable des ressources naturelles une priorité transversale. Par ailleurs, la recherche française est engagée, au Sud, afin de répondre aux enjeux de l’agriculture durable, dans ses trois dimensions (sociale, environnementale et économique) – En savoir plus

Pour répondre à ces besoins, la France travaille en coopération avec l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (O.A.A, plus connue sous le nom de FAO). Cette coopération se base sur un Accord-Cadre qui définit des priorités d’action communes, dont la gestion et l’exploitation durables par l’agriculture des ressources naturelles et la promotion d’une gouvernance responsable de ces ressources.

Dans ce cadre, la France s’investit avec la FAO dans différents domaines tels que :

    • Les pêches : en venant en appui au développement d’une base de données sur les écosystèmes marins vulnérables, en participant à la gestion des zones marines côtières protégées et en venant en soutien à un projet régional sur les pêches du Sud-Ouest de l’Océan indien ;
    • Les forêts : en veillant au renforcement de la gestion durable des forêts et en s’investissant dans le dialogue régional sur la gestion durable des forêts méditerranéennes ;
    • La biodiversité et les ressources génétiques : en contribuant à renforcer la capacité de la FAO à participer à la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services Eco-systémiques (IPBES), en participant au Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture ;
    • L’élevage : en participant à l’Agenda mondial pour un élevage durable (GASL) et au Partenariat pour l’évaluation de la performance environnementale de l’élevage (LEAP) qui visent à créer une compréhension commune des enjeux de durabilité dans l’élevage et à accompagner le secteur vers plus de durabilité en identifiant bonnes pratiques et solutions techniques ;

(en savoir plus sur les positions françaises en matière d’élevage durable) :

PDF - 991.8 ko
(PDF - 991.8 ko)
    • La gestion des autres ressources (eau, foncier, sols) : en favorisant le dialogue international sur les pratiques agro-écologiques , en appuyant la diffusion des directives volontaires sur la gouvernance responsable des terres, des pêches et des forêts du comité de la sécurité alimentaire mondiale, que la France applique par ailleurs dans sa coopération bilatérale.
    • la recherche agronomique : en mettant à disposition des scientifiques français auprès des services concernés de la FAO, en organisant des formations conjointes, en partageant des supports d’information et en participant à des réseaux d’expertise avec l’organisation tels que la Plateforme pour l’agriculture tropicale, afin de capitaliser les informations scientifiques et techniques et les diffuser (en particulier à destination des acteurs du Sud) et de mobiliser la science à l’appui des décisions politiques.

Dernière modification : 04/11/2015

Haut de page